Aden 5 dans la presse

mai 24th, 2011

Courant alternatif, décembre 2006

A lire – Intellectuels, écrivains et journalistes

aux côtés de la République espagnole (1936-1939)

Chaque dix années en six, la guerre d’Espagne (ou la révolution selon le point de vue) donne lieu à diverses publications, rééditions et colloques. Malheureusement, il s’agit trop souvent de manifestations univoques destinées à faire revivre la geste quasi épique et mythique que chaque tendance s’est forgée au fil des ans. Beaux livres d’affiches ou de photos, exhibitions de quelques figures survivantes encadrées aux tribunes, recherches universitaires attachées d’abord à dépister la faille de celles qui les ont précédées pour se faire une place dans le monde des spécialistes, rien n’est, sans doute, totalement inutile, mais il s’agit trop souvent de puiser des arguments confortant les orientations présentes de leurs initiateurs.

Le numéro 5 de la revue ADEN n’est pas de cette facture, et c’est ce qui fait que les presque 600 pages qui le composent se lisent comme un bon roman. Ou se feuillettent même, car si on veut, on peut lire un texte, sauter le suivant, y revenir plus tard, après s’être promené au gré de ses envies et de ses intérêts, tout comme les auteurs – d’aujourd’hui comme d’hier – des trente ou quarante articles qui composent l’ouvrage nous promènent à travers ces quatre années espagnoles. Mais ce n’est pas n’importe quelle promenade ! C’est une promenade de piéton, une promenade de qui sait regarder et prendre son temps quand il le peut, autant que les balles et les prisons le permettent. Des piétons engagés qui décrivent leur voyage, comme Félicien Challaye, accompagné du député anglais Mc Govern, chargé d’enquêter sur la situation des prisonniers politiques antifascistes détenus dans l’Espagne républicaine. Rien à voir avec les voyages en jet des clercs d’aujourd’hui, tels BHL ou Kouchner qui, d’un coup d’ailes, mèche au vent ou sac de riz au dos, survolent un territoire, serrent quelques mains le temps d’un éclair, et en font des livres pour l’édification du peuple ! C’est là qu’on mesure le gouffre qui existe entre les intellectuels « engagés » de l’avant-guerre et ceux d’aujourd’hui.

Chez les premiers, et quelles que soient les critiques qu’on peut leur adresser globalement (soit de trahir leur fonction en quittant l’objectivité pour se mettre au service d’une cause, soit de rester aveugles à la réalité de classe du monde qui nous gouverne), il n’y a plus de frontières entre l’intellectuel, le journaliste et l’écrivain. Orwell, évidemment, Koestler, Bernier, Andrée Viollis, Bloch, etc. Quels que soient leurs errements parfois coupables, stalinien par exemple, leur naïveté, ils restent des êtres de chair et d’os et, la plupart du temps, ils ne sont pas loin d’appliquer la mise en garde d’Orwell : « Méfiez-vous de ma partialité, des erreurs sur les faits que j’ai pu commettre, et de la déformation qu’entraîne forcément le fait de n’avoir vu qu’un coin des événements » (Hommage à la Catalogne). Et même si ce n’est pas le cas pour tous les noms, célèbres ou moins, de la revue, leur lecture ici présente nous oblige à l’appliquer à nous-mêmes, tant les coins que nous visitons là nous sont inconnus ou inhabituels. Nous nous rendons compte, face à tous ces articles, souvent contradictoires, qu’à l’évidence la liberté, l’information, l’impertinence et la modestie ne passent plus de nos jours par la presse, ni par le reportage !

Les deux prochaines livraisons d’ADEN seront consacrées, en octobre 2007, à Féminisme et communisme, puis en octobre 2008 à Pacifisme et antimilitarisme. Si elles sont de la même facture, et pourquoi ne le seraient-elles pas ?, cela vaut le coup de s’abonner.

J.-P.D.

Vient de paraître, janvier 2007

GROUPE INTERDISCIPLINAIRE D’ÉTUDES NIZANIENNES Aden - Paul Nizan et les années trente n° 5 :  Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) [G.I.E.N., octobre 2006, 566 p., 25 €, ISSN : 1638-9867. Illustrations de Jean-René Kerézéon.]

Le dernier numéro de la revue Aden explore l’attitude des intellectuels lors de la guerre d’Espagne. On retrouvera avec intérêt la rubrique « Articles sur… » traitant notamment de George Orwell, Louis Aragon et André Malraux ; la rubrique « Témoignages et textes retrouvés » et différents « Comptes rendus » de lectures et de cinéma. À ne pas manquer : l’article de Jean-François Petit, « Paul Nizan et Emmanuel Mounier dans la contestation de la philosophie universitaire des années trente », et celui de Gilles Vergnon, « “Bellicistes” de gauche : Paul Nizan et les intellectuels antimunichois ».

A Contretemps, janvier 2007

ADEN, numéro 5, octobre 2006, « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) », Nantes, 2006, 566 p.

Éclectique, ce numéro de la revue Aden offre quelques contributions intéressantes – sur Orwell et Koestler (Eva Touboul-Tardieu) et sur le P.O.U.M. (Miguel Chueca), notamment – et des témoignages et textes de qualité (Jean Bernier, Alfred Rosmer, Félicien Challaye, Augustin Souchy, Charles Ridel). On y trouve également une rubrique fournie de notes de lecture sur des parutions récentes.

Dissidences, 26 janvier 2007

Pour le numéro 5, numéro spécial qui ressemble à un livre collectif et non à une revue, tant par la richesse de ses contributions que par son volume, c’est « cette terre d’Espagne, qui condensa en trois années tous les maux et tous les espoirs du siècle denier » (A. Mathieu, p. 11) à travers la guerre civile, du côté des intellectuels, qui en constitue le motif. Pas moins de dix-huit contributions, une partie composée de témoignages et de documents ainsi que des comptes rendus d’ouvrages et de films présentent les principaux aspects des engagements intellectuels, sans exclusive : tous les courants idéologiques émancipateurs sont représentés, les communistes orthodoxes, les dissidents, les socialistes, les libertaires ou les simples antifascistes. On regrettera, sans doute, le minimalisme de la partie iconographique, réduite à quelques reproductions : affiche du P.O.U.M,. hélas non référencée (p. 15), couvertures de brochures ou « Une » de journaux, photographie de W. Reuter en 4è de couverture.

Un article de François Guyot sur Orwell, qui fait de son expérience espagnole la matrice de son antitotalitarisme, débute l’ensemble. Plutôt convenue, cette contribution a le tort, à propos de Marty, de continuer à adhérer à la «légende noire » du « boucher d’Albacete », alors que l’ouvrage de référence de Rémy Skoutelski de 1998 sur les Brigades internationales, L’espoir guidait leurs pas (Grasset), avait remis à leur juste place ces accusations issues pour partie de faux ou d’exagérations, et aucunement de sources avérées et fiables, mise au point réitérée en 2005 dans André Marty. L’homme, l’affaire, l’archive, de Paul Boulland, Claude Pennetier, Rossana Vaccaro (Dir.) aux éditions du Codhos.

Ensuite, plusieurs articles évoquent la place de la guerre d’Espagne pour les écrivains espagnols, belges (Matthieu Corman, Achille Chavée) ou français (Prévert et Aragon). Avant une série de textes sur les reportages écrits ou photographiques, Miguel Chueca présente une « autre mémoire républicaine », celle du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (P.O.U.M.) à partir d’un ouvrage espagnol (non traduit) d’un ex-militant poumiste décédé en 2005, Ignacio Iglesias. Les reportages de Paul Nizan en Espagne, entre juillet 1936 et juillet 1937, pour L’Humanité, Ce soir et Regards forment la trame de la communication de Anne Mathieu (directrice de publication de Aden), avec de très nombreux extraits de ses articles. Le livre de Jean-Richard Bloch Espagne, Espagne !, dont il déclarait être le plus fier, les engagements de l’écrivain André Chamson, de la journaliste Andrée Viollis, tous deux de l’hebdomadaire Vendredi et celui de Saint-Exupéry, qui passe d’un neutralisme de bon aloi à une sympathie affichée pour la cause républicaine, à partir d’une certaine idée qu’il se faisait du rôle de l’écrivain, sont analysés respectivement par Carme Figuerola, Pierre-Frédéric Charpentier, Anne Renoult (auteure de Andrée Viollis. Une femme journaliste, Presses de l’Université d’Angers, 2004) et Olivier Odaert.

Enfin, la dernière partie est consacrée aux producteurs d’images, les photographes Robert Capa et Gerda Taro (par Michel Lefebvre), le dessinateur espagnol Helios Gomez (Gabriel Gomez et Caroline Mignot) et les cinéastes Malraux (L’Espoir), Joris Ivens (Terre d’Espagne) et William Dieterle (Blockade avec Henri Fonda), évoqués par Pierrick Lafleur. Parmi les textes retrouvés ou les témoignages, présentés par Charles Jacquier et Anne Mathieu comme une nécessité pour à la fois équilibrer le recueil, d’où l’importance accordée à des écrits libertaires, peu présents dans les articles précédents, et donner un «accès direct à des textes d’époque » (p. 376) ; citons, par exemple, celui d’un militant atypique, et de ce fait largement ignoré, Jean Bernier (p. 379-393), le témoignage d’un délégué de la célèbre Colonne de fer (C.N.T./F.A.I.) opposé à leur militarisation (p. 430-433) ou bien, last but not least, un reportage de Paul Nizan au quartier général des Milices, à Barcelone, paru dans l’hebdomadaire Regards du 20 août 1936 (p. 461-463).

Les notes de lectures rendent compte des principaux ouvrages parus sur le sujet, qu’il s’agisse de romans, d’essais militants ou d’ouvrages spécialisés. Au final, si l’on regrette l’absence d’une bibliographie, on ne peut que féliciter l’équipe de chercheurs du G.I.E.N. (Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes, Nantes) d’avoir, par l’élargissement de leur focale (Nizan) contribué à une meilleure connaissance de la diversité des engagements intellectuels aux côtés des Républicains espagnols, même si l’absence, par exemple, du continent américain, constatée et regrettée par le collectif de la revue, lui donne ainsi l’occasion de projeter une autre livraison… dans un futur proche !

Christian Beuvain.

Le Monde, 16 février 2007

« Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) »

AU FIL DES REVUES

« Aden », la guerre d’Espagne et Paul Nizan

« NE RÊVEZ PLUS qu’à l’Espagne » : l’appel lancé par Aragon à ses « frères écrivains et artistes » en novembre 1936 dans la revue Europe a été entendu. Peu de causes, en effet, auront, au XXème siècle, autant mobilisé les intellectuels européens que la guerre civile qui ensanglanta l’Espagne entre 1936 et 1939. C’est à cet aspect du conflit, et plus précisément à l’engagement des intellectuels aux côtés des républicains espagnols, qu’est consacré le dernier numéro d’Aden, une revue qui, une fois par an depuis 2002, rend compte des recherches consacrées à l’écrivain et journaliste Paul Nizan (1905-1940).

Exceptionnel par sa taille et remarquable par la qualité de la plupart de ses contributions, ce numéro s’imposait tant les articles que l’auteur d’Aden Arabie a consacrés à la guerre d’Espagne sont nombreux. Grâce à Anne Mathieu, qui pilote la revue et édite par ailleurs les écrits journalistiques de Nizan (1), on lira ici quelques extraits des articles rédigés par Nizan à l’époque. Des textes publiés principalement dans les quotidiens communistes L’Humanité et Ce soir, où l’exaltation des « héroïques combattants de la liberté » se mêle à la dénonciation de l’« étrange faiblesse de la Grande-Bretagne et de la France qui croient que le meilleur moyen de conserver la paix est de fermer les yeux ».

Comme dans les numéros précédents, Aden a ouvert ses pages à des figures autres que Nizan, qui ont marqué la vie intellectuelle des années 1930. Du communisme orthodoxe d’un Aragon à l’humanisme non partisan d’un Prévert ou d’un Saint-Exupéry, en passant par les différentes composantes – anarchiste, trotskiste ou libertaire – de l’extrême gauche antistalinienne, on retrouvera ici les principaux courants de pensée qui soutinrent la cause républicaine. Une absence, toutefois : celle des catholiques de gauche qui, tel Emmanuel Mounier, s’engagèrent dans le combat anti-franquiste (le fondateur d’Esprit est évoqué, mais hors du dossier « guerre d’Espagne », dans un bel article consacré aux critiques de Mounier et de Nizan contre l’enseignement de la philosophie à l’Université).

A travers l’évocation de ces itinéraires individuels, le lecteur comprendra que la guerre d’Espagne fut non seulement une cause d’engagement, mais aussi un moment propice aux prises de conscience. Ce dont témoignent les cas – déjà connus mais réexaminés ici – de George Orwell et d’Arthur Koestler, qui quittèrent l’Espagne sans illusions sur la nature du stalinisme. Ou encore celui d’André Chamson, qui comprit, avant les accords de Munich (1938), que le pacifisme intégral n’était pas la bonne réponse au fascisme.

On recommandera enfin une riche étude sur la poésie populaire de la guerre civile, ainsi que deux beaux portraits de femme : celui d’Andrée Viollis, qui avait été l’une des premières journalistes à dénoncer l’oppression coloniale et qui rapporta d’Espagne des reportages magnifiques, et celui de la photographe Gerda Taro, compagne de Robert Capa, amie de Nizan, morte sur le front, pendant la bataille de Brunete, en juillet 1937.

THOMAS WIEDER

(1) Articles littéraires et politiques, quatre volumes au total. Le premier (les années 1923-1935) est sorti en 2005 aux Éditions Joseph K.

Gavroche, avril-mai-juin 2007

ADEN (PAUL NIZAN ET LES ANNÉES TRENTE) « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole 1936-1939 » n° 5, 2006, 560 p., 25 € //paul.nizan.free.fr/ADEN.htm

Dans une première partie de l’imposant numéro spécial sur la guerre d’Espagne de la revue d’études nizaniennes, différents intervenants évoquent les auteurs de plusieurs nationalités mobilisés en faveur des républicains. George Orwell, Arthur Koestler, John Dos Passos, partis combattre le fascisme par idéal socialiste ou communiste, découvrent en Espagne le totalitarisme stalinien et la duplicité des nations « démocratiques » : « Il s’était établi depuis quelques années, note Koestler dans Un testament espagnol, une tradition selon laquelle les dictatures agissaient et les démocraties protestaient. C’était là une division du travail qui paraissait contenter tout le monde. »

Concernée au premier titre, l’intelligentsia ibérique soutint en majorité la Deuxième République. Elle suscite l’émergence de talents dans toutes les couches de la société : « Ton fusil / doit aussi se charger d’encre / contre la guerre civile ». Ainsi, dans l’hebdomadaire El Mono Azul, créé par le poète Rafael Alberti et ses compagnons de la Alianza de intelectuales antifacistas, les écrits d’artistes expérimentés côtoient ceux d’ouvriers et de paysans débutants.

En France, la poésie pro-républicaine compte Jacques Prévert et le groupe de théâtre d’agit-prop “Octobre”, dès l’insurrection des Asturies en 1934 : « En Espagne / dans les Asturies / c’est la Révolution / les mineurs rouges se battent et meurent / pour la terre / pour le pain / pour la liberté ».

Les œuvres des photographes Gerda Taro et Robert Capa illustrent cet engagement de l’élite artistique bien au-delà de la défaite de 1939.

Aden s’intéresse aussi aux auteurs belges francophones : Matthieu Corman, Achille Chavée, Paul Nothomb. Comme leurs homologues français, Jules Supervielle, André Chamson, Claude Simon ou Saint-Exupéry, ils s’impliquent de façon militante ou humaniste dans le conflit.

La deuxième partie, « Témoignages et textes retrouvés », s’oriente sur des points de vue libertaires plus déterminés. Ces analyses sans concession expliquent sans doute leur confidentialité. Jean Bernier, auteur de La Percée (1920, rééd. Agone, 2000) sur la guerre de 1914-1918, analyse dès décembre 1936 les tenants et les aboutissants internationaux de ces événements. Pour sauver l’Espagne et eux-mêmes du fascisme, il presse les révolutionnaires européens afin qu’ils se retournent contre leur propre bourgeoisie. Par défaut, il anticipe la suite exacte du processus : « Sur la momie de Lénine et de la révolution d’octobre, sur le cadavre mort-né de la révolution espagnole, le banditisme impérialiste, dans le sang de millions d’ouvriers et de paysans triomphe une fois de plus du prolétariat international. »

La dénonciation des exactions des agents soviétiques se retrouve dans le journal de voyage de Félicien Challaye, un pacifiste venu à la fin de juin 1937 à Barcelone pour y faire libérer les prisonniers politiques des « fascistes moscoutaires », et dans la préface d’Alfred Rosmer pour le livre de Katia Landau, Le stalinisme en Espagne. Autre témoignage, les souvenirs d’Augustin Souchy qui voit son rêve de communisme libertaire devenir réalité dans de nombreuses zones agraires de la péninsule. De sa participation aux événements d’Espagne, il garde un regret : « Et si nous avions gagné la guerre civile, alors le collectivisme espagnol serait aujourd’hui une troisième alternative entre le capitalisme privé d’une part et le capitalisme d’État de l’autre ». Justement cela même que les impérialismes «démocratiques » ou totalitaires voulaient empêcher au prix d’une Deuxième Guerre mondiale.

Un chapitre sur les films d’époque tournés par Malraux, Ivens, Dieterle et d’importants comptes rendus  (livres et films) complètent l’apport bibliographique de ce dossier sur la guerre d’Espagne.

La connaissance arme la révolte. De là vient la haine du fascisme envers la culture et le goût du capitalisme pour les analphabètes. Malgré l’échec annoncé de toute révolution radicale sur la durée, « oui,  pourquoi renoncerait-on à l’absolu au nom d’un réalisme qui n’est qu’une suite de démissions et d’oublis sur le chemin de la raison et de la vie ? » (Jordi Bonnels)

H.F.

Le n°5 d’Aden a aussi été évoqué dans Le Monde diplomatique de décembre 2006.

On peut entendre une interview de Anne Mathieu par Eva Vamos sur Radio Budapest (http://real1.radio.hu/nemzeti.htm ; 2 janvier 2007).

Et une autre, par Benoît Ruelle, dans son émission  ,« Idées » sur Radio France Internationale, le 22 avril 2006 (www.rfi.fr).

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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Aden 4 dans la presse

mai 24th, 2011

Le Monde diplomatique, novembre 2005

Aden. Paul Nizan et les années trente. Cette publication annuelle revient sur le centenaire de Paul Nizan et évoque ceux de Jean-Paul Sartre et d’Arthur Koestler. Des articles sont consacrés au roman de Nizan, Antoine Bloyé, et à son célèbre essai Aden Arabie, préfacé par Sartre qu’inspirait, comme l’analyse un autre article, l’« ombre dévorante et évanescente » de Nizan.

Presse-Océan, 23 décembre 2005

La revue Aden célèbre les centenaires de Nizan, Sartre et Koestler

Le numéro 4 de la revue Aden. Paul Nizan et les années 30 revient sur le centenaire de l’écrivain et évoque aussi ceux de Jean-Paul Sartre et d’Arthur Koestler.

Au fil des ans, la revue Aden (créée en 2002 par le Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes) s’enrichit, aussi bien sur le fond que sur la forme. La maquette du dernier numéro a ainsi été modifiée. Elle propose une thématique et met en valeur les dessins de Jean-René Kerézéon, illustrateur nantais. Plusieurs images en noir et blanc agrémentent la lecture, allègent les propos et prêtent à sourire, à l’instar de celle invitant à « ne pas confondre Aden et A.D.N, merci… » !« Je n’ai pas de ligne directrice pour les dessins, j’essaye d’ajouter un peu de sel et de humour», souligne l’illustrateur, qui a rejoint la direction de la revue avec Pierrick Lafleur, responsable des comptes rendus. « Tout le monde peut écrire, universitaires ou non. Si des gens le souhaitent, à partir du moment où l’article est bon, on le publie. Préalablement, on discute du sujet. Nous avons une volonté d’ouverture. Cela permet aussi de varier les points de vue des gens, issus de différents milieux sociaux », explique-t-il.

Articles, comptes rendus, notes de lecture …

Dans cet esprit, en plus de spécialistes, un postier, une psychiatre, des éditeurs, un ingénieur… ont collaboré au dernier numéro d’Aden, qui célèbre les centenaires de Nizan, Sartre et Koestler.

Plusieurs articles sont ainsi consacrés à Paul Nizan et Jean-Paul Sartre (notamment pendant la Drôle de Guerre), à l’existentialisme et au communisme face au surréalisme et à Sartre au Havre, dans les années 30. Anne Mathieu, directrice de la revue, publie pour sa part deux articles, le premier sur l’« ombre évanescente de Nizan sur Sartre », le second sur « Nizan critique littéraire à Monde en 1935 ».

Parallèlement, Maurice Arpin (rédacteur en chef d’Aden) s’intéresse à « Antoine Bloyé : Intertextualité au service de la Révolution », Nicolas Surlapierre aux « Arts et métiers depuis Nizan », Claude Herzfeld à « L’esprit de système dans Aden Arabie », Alain Flajoliet à « Nizan et la critique du spiritualisme universitaire », Michael Löwy à « Claude Cahun, franc-tireur surréaliste » et John Parkin à « Arthur Koestler en Espagne ».

Des comptes rendus cinématographiques et des notes de lecture liées aux années 30 complètent cette revue de 358 pages, bien accueillie au Salon de la revue de Paris où elle a été présentée en octobre.

S.G.

Dissidences, 26 janvier 2007

Si l’on fait exception du texte plutôt décalé de Claude Herzfeld, d’une tonalité très anticommuniste, qui fait de Nizan un « chien de garde » du stalinisme et un annonciateur, pas moins, des Khmers rouges de Pol Pot (p. 107-108), on retiendra surtout l’article de Anne Mathieu sur la période très polémiste de Nizan dans Monde, à un moment (1935) où cet hebdomadaire fondé par Henri Barbusse épouse une ligne idéologique très orthodoxe : Henri Massis, Drieu La Rochelle, André Maurois l’apprennent à leurs dépens, mais également Panaït Istrati, parce qu’il s’éloigne alors du communisme. L’auteure montre bien que Paul Nizan applique à la lettre la sentence suivante : « Nous vivons dans un temps qui presse chacun de choisir une position politique » (article du 1er août 1935, cité p. 142).

Quelques vingt-cinq années plus tard, en 1960, la même virulence anime Jean-Paul Sartre, préfaçant Aden Arabie de Nizan (publié en 1931) et s’engageant, dans le même temps par la parole, l’écrit ou les actes, en faveur des luttes de décolonisation. On peut parler, alors, effectivement d’une « ombre dévorante » (titre de la communication d’A. Mathieu, p. 193- 209) de Nizan sur Sartre lorsque celui-ci dénonce la gauche, « ce grand cadavre à la renverse, où les vers se sont mis. Elle pue cette charogne » (préface à Aden Arabie, cité p. 196). Une très stimulante réflexion de Régis Antoine sur les catégories de « peuple» et de « prolétariat », et un portrait, par Michaël Löwy, de l’artiste surréaliste, lesbienne, trotskyste, provocatrice en diable (tête rasée peinte en rose, habits d’homme) Claude Cahun, arrêtée et déportée en juillet 1944 par les nazis pour distribution de tracts antifascistes aux soldats allemands ont également retenu mon attention. Des comptes rendus de lectures et de films terminent cette livraison d’octobre 2005.

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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