Aden 9 dans la presse

janvier 18th, 2012

Le Monde diplomatique, décembre 2010

ADEN – PAUL NIZAN ET LES ANNÉES 30. Une livraison qui revient sur le thème « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) » en évoquant les figures de Simone Weil, Jean Guéhenno, Tristan Tzara, et en republiant des textes de Pierre Brossolette, Jean Zyromski et Renaud de Jouvenel.

Dissidences, 1er trimestre 2011

Aden. Paul Nizan et les années trente, n° 9, 2010 (octobre), «Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939), 2e volume », 454 pages.

Dans une présentation toujours aussi soignée, illustrée par les dessins de Jean-René Kerézéon au fil des pages, ce volume est le second sur ces intellectuels venus combattre aux côtés des républicains espagnols, au nom d’une certaine éthique de l’engagement.

Dans son avant-propos, Anne Mathieu revient sur la place centrale et emblématique qu’occupe la Guerre d’Espagne pour les antifascistes passés et présents. Elle insiste également sur l’horizon international de ces écrivains, poètes, reporters, en partie oubliés car dans l’ombre portée des Hemingway, Malraux etc. Donc, parmi les quinze articles de ce volume, la romancière allemande pour la jeunesse Ruth Rewald, le poète britannique W. H. Auden ou le reporter français de L’Humanité, Jean Alloucherie, reprennent vie grâce aux contributions respectives de

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Mathilde Lévêque, Antony Shuttleworth et Michel Lefebvre. Egalement, Marleen Rensen signe un article très précieux sur l’écrivain Jef Last, communiste et homosexuel, ami de Gide, et Sara Miglietti se penche sur les militants italiens de Giustizia e Liberta, venus dès 1936 combattre aux côtés des anarchistes de la C.N.T. A partir de la perspective de l’histoire vécue par les protagonistes, S. Miglietti tente de répondre à des critiques récentes sur l’activité et l’impact réel de ces combattants. La contribution de A. B. Yabara sur le poète noir américain Langston Hughes possède le grand mérite, pour les lecteurs français, d’attirer l’attention sur un « compagnon de route » du Parti communiste, venu en Espagne apporter son soutien, celui des noirs des Etats-Unis, à travers des reportages pour The Baltimore Afro-American. L’auteur cite de nombreux extraits (traduits) des articles de L. Hughes, à partir d’une anthologie de ses textes sur le monde hispanique, parue en 1977 aux Etats-Unis sous la direction de E. J. Mullen. Néanmoins, les connaissances de l’auteur sur les militants communistes américains semblent parfois superficielles. Ainsi, au détour d’une note (n. 118, p. 44) apparaît le nom du poète noir Claude McKay, ami de L. Hughes, sans qu’il soit fait mention de sa forte implication au sein du Parti communiste étatsunien. Il est un des délégués au IVe Congrès du Komintern en novembre 1922, où il prononce le discours sur la question noire ; il assiste aux cérémonies du Ve anniversaire de la Révolution d’Octobre au milieu des dirigeants bolcheviques, correspond avec ceux du Komintern et signe des articles dans Inprecor, par exemple «The Racial Question» (n° du 21 novembre 1922). Quand à L. Hughes, il est lui aussi impliqué plus fortement dans les activités militantes communistes que les quelques lignes que A. B. Yabara consacre à ce sujet. Ainsi, par exemple, ses poèmes apparaissent dès 1932 dans la revue du Komintern consacrée aux combats des noirs, The Negro Worker (1928-1937), dont son scandaleux texte anti-religieux (en partie traduit dans l’article), « Good bye Christ» (The Negro Worker, vol. II, n° 11-12, novembre-décembre 1932, p. 32). Dans les années vingt et trente, Claude McKay, Langston Hughes et Richard Wright font partie des intellectuels noirs mis en avant par le Parti communiste aux Etats-Unis.

Dans la partie « Textes et témoignages retrouvés », des textes des organes de presses communistes (Regards, Ce soir, Commune), socialistes (Le Populaire) ou syndicalistes révolutionnaires (La Révolution prolétarienne) reflètent les sensibilités de l’époque. Trois contributions sur Nizan, et un fort ensemble de comptes rendus de lectures complètent ce volume. Ajoutons pour terminer que ce numéro, comme les huit précédents, possède d’impressionnantes notes de bas de pages, outils complémentaires pour renseigner encore plus le foisonnement de ces années trente. Le prochain volume porte sur l’engagement des artistes (sortie en octobre 2011).

Gavroche, n°106, mars-juin 2011

Un certain engagement en politique dans les années trente (suite)

En 2006, la revue Aden avait consacré un premier volume à ce thème (cf. Gavroche, n° 150, avril 2007) ; elle annonce, après celui-ci, un prochain numéro dans les années à venir sur ce sujet, démontrant qu’elle a de la suite dans les idées et veut explorer méthodiquement un champ de recherches délaissé.

La présente livraison revendique une plus grande ouverture internationale, largement atteinte, et « la même volonté de faire entendre toutes les sensibilités de la gauche» – une intention louable, mais qui reste problématique pour aborder des événements qui virent une véritable chasse à l’homme dans le camp républicain espagnol et laisse nombre d’impensées dans la façon d’aborder cette période jusqu’à nos jours.

Dans un sommaire parfois inégal, on oubliera vite la contribution sur Simone Weil pour noter que sont abordés des écrivains comme Max Aub, l’auteur du Labyrinthe magique, une saga en six volumes sur la guerre d’Espagne (en cours de traduction française), Ruth Rewald, auteur de l’unique roman allemand pour la jeunesse sur le sujet, le pacifiste Jean Guéhenno, le poète britannique W. H. Auden, l’écrivain hollandais Jef Last, connu pour avoir accompagné André Gide et Eugène Dabit dans leur voyage en U.R.S.S. On lira aussi avec intérêt l’article consacré au groupe antifasciste italien fondé par Carlo Rosselli, Giustizia e Libertà, dont de nombreux militants sont venus se battre en Espagne. Sont aussi évoquées les revues communistes Commune, l’organe de l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires, en France, et El Mono Azul, celui de l’Alliance des intellectuels antifascistes pour la défense de la culture, en Espagne : deux publications typiques du discours de la période des Fronts populaires dont la rhétorique à prétention antifasciste s’insère, entre, faut-il le rappeler, la politique dite « classe contre classe» qui ouvrit les voies du pouvoir à Hitler en Allemagne- et celle, « anti-impérialiste », qui suivit la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939.

La revue poursuit également son exploration des « héritages de Nizan » et offre une substantielle rubrique de notes de lecture.

Un dossier à lire mais en gardant à l’esprit les réflexions de Victor Serge après la mise hors la loi du P.O.U.M. et la démission de Largo Caballero : « Impossible de vaincre le fascisme [ ...] en instituant à l’intérieur un régime de camps de concentration et d’assassinat contre les antifascistes les plus énergiques et les plus sûrs; et en perdant le prestige moral de la démocratie. »

Cahiers Simone Weil, Juin 2011

Alexandre Massipe, « Simone Weil et la guerre d’Espagne : l’idéal révolutionnaire à l’épreuve du réel », Aden, n° 9, octobre 2010, p. 76-89.

Saluons la qualité du dossier, consacré par la revue Aden (dirigée par Anne Mathieu) aux « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la république espagnole (1936-1939) », en deux volumes.

Alexandre Massipe donne une bonne synthèse sur les raisons qui ont poussé Weil, pacifiste extrême, à s’engager à titre personnel dans la guerre d’Espagne. Il suit avec minutie les étapes de cette « éphémère participation», l’« attitude partisane» de S. Weil qui« n’entrave nullement son désir de témoigner des exactions commises par les Républicains espagnols» (p. 84), ce qui permet de relever « un sentiment cher à S. Weil, celui de l’impartialité» (nous aurions parlé plutôt de l’amour de la vérité, qui prend chez elle la forme d’une objectivité permettant de comprendre et de faire comprendre, selon la définition que proposait Ricœur). Les nombreuses citations, judicieusement choisies, font entendre la voix et le ton de S. Weil à propos de ces événements qui ont beaucoup compté dans sa vie et qui ont pesé sur les « réflexions pour déplaire» qu’elle consacrera, à son retour, à l’écart révélé par ce qu’elle a vécu, entre l’idéal révolutionnaire et sa mise en œuvre dans une guerre civile. S. Weil interroge le cœur même de l’idéal, « ses fins mais aussi ses moyens, et plus encore les limites de ces moyens» (p. 87).

Seule la présentation de l’épisode du petit phalangiste, dans la lettre à Bernanos (que cite l’A., p. 88) méritera désormais une autre présentation, puisque des éléments nouveaux éclairent plus précisément cet épisode*.

* Voir Patrick DREVET, «S. Weil en Espagne. Retour sur un passage de la lettre à Bernanos », CSW, XXXII-4, pp. 541-549.

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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