Paul Nizan : Biographie

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Paul-Yves Nizan est né à Tours le 7 février 1905. Fils de Pierre Nizan (1864-1930), ingénieur à la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans, et de Clémentine Métour (1873-1951).

Nizan fréquente le Lycée Henri-IV à partir de l’hiver 1917 et de sa 5e. Il y rencontre Jean-Paul Sartre, avec lequel il se liera d’amitié plus tard, en 1920, en classe de 1ère.

Après son Baccalauréat Philosophie-Grec en 1922, il intègre en octobre la classe préparatoire du Lycée Louis-Le-Grand, avec Sartre. Ils entrent tous les deux à l’Ecole Normale Supérieure en 1924.

En 1923, il publie ses premiers textes, dans La Revue sans titre. Les années qui suivent vont le voir collaborer à d’autres revues.

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Indécis quant à son avenir, il part pour un séjour à Aden (auj. Yémen) d’octobre 1926 à avril 1927, en tant que précepteur du fils d’un négociant anglais d’origine française Antonin Besse.

Il y entretient une correspondance assidue avec Henriette Alphen, rencontrée en décembre 1924 au Bal de l’ENS et y écrit des poèmes, lesquels, pour la plupart, ne seront publiés qu’en 2002,  dans le n° 1 de la revue Aden.

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Il adhère au Parti Communiste fin 1927.

A la même période, il se marie avec Henriette Alphen (1907-1993) avec qui il aura deux enfants, Anne-Marie (1928-1985) et Patrick (1930-2009).

En février 1929, il participe au premier numéro de La Revue Marxiste, à laquelle il livrera plusieurs articles.

A cause du retard occasionné par le séjour à Aden, il sera de la promotion de 1929 à l’Ecole Normale Supérieure, et obtiendra alors l’Agrégation de Philosophie, cette année où Sartre fut premier et Simone de Beauvoir deuxième.

Le 15 mai 1930, il signe sa première critique littéraire dans la revue Europe.

De plus et notamment, il collabore à Bifur, en 1930-1931.

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Il publie en 1931 son premier ouvrage, le pamphlet Aden Arabie aux éditions Rieder. Celui-ci connaît un succès critique qui le fait connaître dans le monde intellectuel français.

Professeur de philosophie à Bourg-en-Bresse (1931-1932), il se présente aux élections législatives et obtient un peu moins de 3 %.

Il se met en congé de l’Education Nationale et devient permanent du P.C.

Il publie son deuxième ouvrage en 1932, de nouveau un pamphlet : Les chiens de garde (Rieder).

Le 2 décembre 1932, il débute sa carrière de critique littéraire à L’Humanité.

En 1933, outre à d’autres périodiques, il collabore assidûment à la revue de l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.), Commune, dont il est secrétaire de rédaction avec Louis Aragon jusqu’à la mi-1934.

Son premier roman, Antoine Bloyé, paraît en 1933 chez Grasset. Lecteur pour la maison d’édition Grasset, Gabriel Marcel estime que cette oeuvre aurait de sérieuses chances de remporter le Goncourt.

En 1934, Paul et Henriette Nizan passent une année en U.R.S.S. Nizan est chargé de l’édition française de  l’organe central de l’Union Internationale  des Ecrivains Révolutionnaires (U.I.E.R.), La Littérature internationale, et de recruter des sympathisants de renom pour le premier congrès de l’Union des Ecrivains soviétiques, en août. Il accueillera ainsi Jean-Richard Bloch et André Malraux, avec lequel ce sera le début d’une amitié durable.

Cette année-là, il apporte sa contribution à l’ouvrage collectif des Morceaux choisis de Marx – publié par Henri Lefebvre et Norbert Guterman –, par une sélection de textes intitulée “Marx philosophe”.

Le 25 janvier 1935, il signe sa première critique littéraire à l’hebdomadaire Monde d’Henri Barbusse.

Cette année-là, il livre dans l’hebdomadaire illustré Regards une série de cinq articles consacrés à l’Education Nationale, et publie son deuxième roman, Le Cheval de Troie, aux éditions Gallimard.

Il devient journaliste politique à L’Humanité le 30 juin 1935. Le service de politique étrangère y est alors dirigé par Gabriel Péri, et le reportage par Louis Aragon. Les sujets qu’il aborde dans les deux années qui suivent sont très divers, rendant compte des États-Unis, de la Belgique, de l’Irlande, de la Grèce, du Brésil, de l’Égypte, du Japon, de la Pologne, de l’Albanie, du régime hitlérien, de la remilitarisation de la Rhénanie, ou encore du conflit italo-éthiopien et de l’Espagne.

Il y retrouve à la mi-août 1935 une rubrique de critique littéraire, « Les Livres », dans laquelle il écrira jusqu’en août 1937.

En 1936, il publie l’essai Les Matérialistes de l’Antiquité – Démocrite, Epicure, Lucrèce (Editions Sociales Internationales).

En mars 1937, il quitte L’Humanité pour le nouveau quotidien Ce soir, créé avec les fonds du gouvernement républicain espagnol pour soutenir sa cause. Il est dirigé par Jean-Richard Bloch et Louis Aragon, Robert Capa en est le directeur de la photographie, et Nizan y administre la politique étrangère. Il y collaborera, pour la littérature et la politique, jusqu’à la fin juillet 39. Car s’il continue encore pour quelques mois ses critiques littéraires à L’Humanité, il les transfère en octobre à Ce soir.

En 1938, La Conspiration, son troisième roman (Gallimard), lui vaut le Prix Interallié.

En 1939, il publie Chronique de septembre (Gallimard), essai journalistique sur la crise de Munich.

Mobilisé, il démissionne du Parti Communiste le 21 septembre 1939 suite à la signature du pacte germano-soviétique.

Il est tué durant l’offensive allemande contre Dunkerque, le 23 mai 1940.

Le “cas” Nizan

1946-47, Nizan est accusé d’avoir trahi le PCF. Plusieurs écrivains se portent à sa défense.

1960, Aden Arabie avec une préface de Jean-Paul Sartre , est réédité aux Editions Maspero.

1967, Paul Nizan, intellectuel communiste. Articles et correspondance 1926-1940. Présenté par Jean-Jacques Brochier, Paris, Maspero “Cahiers libres”, 104-105.

[Cette biographie est en cours]

Les photos sont reproduites avec l’autorisation de la Bibliothèque Nationale de France, dépositaire du fonds Paul Nizan: www.bnf.fr