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« Que pas une de nos actions ne soit pure de la colère » (Aden Arabie, 1931)

Revue ADEN

ADEN 16
ADEN 16

De Cayenne au quai des brumes
* n° 16 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (mai 2018)   Avant-propos de Fabrice Szabo Philip [ ... ]

ADEN 15
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Février 1934 et les écrivains français
* n° 15 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (novembre 2016)  

ADEN 14
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Amour et lutte des classes * n° 14 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (octobre 2015) *
 

Le Monde diplomatique, décembre 2012

Autour du thème « Un air de prolétaire », des articles sur le pessimisme du roman populiste, la littérature prolétarienne japonaise des années 1930, le théâtre de Jacques Prévert et du groupe Octobre.

Esprit, mars-avril 2013

La revue Aden, publiée par le Groupe interdisciplinaire d’études nizaniennes, consacre son numéro annuel (octobre 2012, n°11) à la littérature prolétarienne, dans sa dimension internationale (articles sur la Belgique et le Japon) et littéraire, alors que ces œuvres sont souvent considérées davantage comme des documents que comme des romans à proprement parler (voir par exemple l’article de Jean-Luc Martinet sur Eugène Dabit). A noter également dans ce numéro – rythmé par des extraits de Bruce Springsteen comme de juste – un article d’Anne Mathieu sur les héritages contemporains des romans prolétariens (roman d’usine, témoignages…), ainsi que plusieurs textes d’époque (fictions, reportages, textes théoriques).

Dissidences, n°5, Printemps 2013

A qui douterait encore de l'existence du prolétariat, non pas catégorie sociologique ou multitude de pauvres, mais classe exploitée, dominée, négatif des rapports de production capitalistes car historiquement porteuse des luttes de classe, ce numéro d'Aden (dédié à l'historienne Nicole Racine, décédée en 2012) vient en rappeler la réalité, à travers la littérature (ou la fiction, la chanson, la poésie) prolétarienne des années trente. Comme l'annonce impétueusement en avant-propos Anne Mathieu, la directrice de la revue, si nous ne voulons pas que les puissants continuent à écrire l'histoire, « entamons [épaule contre épaule] l'air prolétaire de la lutte » (p. 14). Cet air se décline sur plusieurs « fronts de lutte », pour continuer à filer la métaphore militante. Tout d'abord, bien faire la distinction entre littérature prolétarienne et littérature populiste. Convoquer ici Marcel Martinet relève de l'évidence heuristique : le roman prolétarien est celui d'une classe « qui prétend que son heure est venue de conquérir le monde » et donc, « se confond avec cette grande idée et déjà l'exprime » (M. Martinet, « Premiers éléments d'une littérature prolétarienne », article de 1934, reproduit p. 199-203). La littérature populiste, bien qu'elle place le peuple, voire l'ouvrier au cœur de ses romans, ne lui offre aucune issue, l'isole. Point, ici, de conscience de classe mais au contraire une mise à distance du politique, une totale inexistence à l'idée de s'emparer du pouvoir. L'impuissance. Les deux contributions de Véronique Trottier (sur le pessimisme du roman populiste, p. 75-96) et de Jean-Luc Martinet (à propos du roman L'Hôtel du Nord d'Eugène Dabit, p. 97-114) éclairent sur cette distinction, la seconde surtout. Un article novateur sur la littérature prolétarienne japonaise, sa naissance, ses différents avatars dus aux exigences idéologiques perçues comme sectaires, sa disparition (son auto-dissolution à vrai dire), permettent de connaître œuvres et écrivains d'une école littéraire quasiment inconnue en France. Pas tout à fait cependant, puisque la publication récente (2011) du roman majeur de Tokunaga Sunao, Quartier sans soleil [nous en avons rendu compte sur notre blog : http://dissidences.hypotheses.org/2965]a levé un pan du voile. L'auteur de l'article, Jean-Jacques Tschudin, est le spécialiste reconnu de ces écrivains engagés. Le mineur dans la littérature belge (Nicolas Verschueren), le documentaire de Joris Ivens Borinage (Alain Moreews), la voix de Jacques Prévert (Arnaud Laster) ou l'étude d'Anne Mathieu sur quelques romans du débuts de notre siècle, symboles d'un renouveau de la littérature prolétarienne complètent l'ensemble. Auquel il faut ajouter, comme à chaque livraison, la seconde partie composée de documents et témoignages sur la souffrance et les luttes des hommes au travail, ce travail nommé au début du XXe siècle le « chagrin ». Comptes rendus de lectures, illustrations du fidèle Jean-René Kerézéon ainsi que quelques photographies présentées par Xavier Nerrière terminent ce volume indispensable sur cette culture prolétarienne engagée.