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« Que pas une de nos actions ne soit pure de la colère » (Aden Arabie, 1931)

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De Cayenne au quai des brumes
* n° 16 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (mai 2018)   Avant-propos de Fabrice Szabo Philip [ ... ]

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Février 1934 et les écrivains français
* n° 15 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (novembre 2016)  

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Amour et lutte des classes * n° 14 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (octobre 2015) *
 

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Pascal ORY
(Adhérent au G.I.E.N. depuis 2002 ; Membre d'Honneur du G.I.E.N. [ancien président, 2002-2005 et vice-président, 2005-2006] ; membre du Comité de Lecture de la revue Aden)

" Je me souviens... " : A cause de vous, je suis obligé de rechercher dans mon souvenir l'origine de mon intérêt passionné pour Nizan – et je ne trouve rien. Preuve supplémentaire de ce que la question de l'"origine" est toujours biaisée... Tout ce que je peux dire est que je suis tombé, d'abord, sous le charme d'une voix – celle d'Aden Arabie et de La Conspiration. Sans doute parce qu'en dernière analyse, c'est là que tout se joue. Une voix, qui était, je pense, aussi celle du préfacier de 1960, puisqu'on ne peut pas découvrir aujourd'hui ce texte dense et fulgurant sans lire le superbe chapitre supplémentaire des Mots que Sartre nous a écrit – nous a offert – pour y entrer.
Et cet enchantement s'est mué, oui, en passion quand j'ai découvert, par un rapide survol d'une biographie qui, à cette époque, n'était connue que dans ses grandes lignes, que la "vie" de l'"auteur" s'était mise, et de manière terrible, à ressembler à son "oeuvre", et qu'on ne lui avait, même, pas épargné une extra-ordinaire vie posthume.
Rirette n'avait pas encore écrit (ni songé à écrire, ou dicter) ses "libres mémoires". Il faut croire que je me suis senti investi d'une mission : contribuer, à mon tour, après Jean-Paul, après Jean-Jacques et quelques autres, à faire connaître Paul-Yves, à " défendre sa mémoire " ; plus contre la calomnie – quoique.- mais contre l'oubli. Ca n'avait qu'un lointain rapport avec mon sujet de thèse, mais peu importait : comme pour mes premiers livres, qui portèrent sur la Collaboration, j'écrivais sous le coup d'une forte nécessité morale, un point, c'est tout. J'étais, aussi, à la même époque, membre d'une organisation politique de gauche (je le suis toujours, et de la même) ; ça a dû jouer, n'est-ce pas ?
Nous devions être au début des années 1970. Un peu plus tard, un séjour (1973-1976) à la Fondation Thiers (sic), où ma chambre donnait juste, et en accès direct, sur la bibliothèque d'un ancien pensionnaire comprenant en bonne place la collection complète de Commune a fait le reste. Ce n'était plus, ensuite, qu'une question de temps : un détail. Je n'ai pas écrit ce livre ; il s'est écrit, dans une sorte d'allégresse sombre.

" Nizan... Aujourd'hui ! " : Près d'un quart de siècle plus tard, l'amitié d'Anne Mathieu m'a donné l'occasion de me rappeler au souvenir de Paul-Yves, par la présidence du GIEN. Merci, Anne – et salut, mon vieux !

[Pascal Ory est né en 1948 à Fougères (45). Il est professeur d'histoire à la Sorbonne (Paris 1).
Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages portant sur l'histoire culturelle et politique des sociétés contemporaines, notamment Les Collaborateurs, 1940-1945 (Le Seuil) et 1889, l'Expo universelle (Complexe). Derniers en date : Du fascisme (Perrin, 2003), L'Histoire culturelle (PUF, 2004) et Paul Nizan. Destin d'un révolté (Complexe, réédition, 2005)]