Paul Nizan, écrivain et journaliste (1905-1940)

décembre 28th, 2008

“Que pas une de nos actions ne soit pure de la colère” (Aden Arabie, 1931)

portrait nizan

portrait nizan

“Nizan, c’était un trouble-fête. Il appelait aux armes, à la haine : classe contre classe ; avec un ennemi patient et mortel, il n’y a pas d’accompagnements ; tuer ou se faire tuer : pas de milieu. Et ne jamais dormir. Il avait répété toute sa vie, avec une gracieuse insolence, le regard baissé sur ses ongles :  ne croyez pas au père Noël. [...]

Nous voulions écrire l’un et l’autre. Il publia son premier livre bien avant que je trace un mot du mien. A l’époque où parut La Nausée, si nous eussions prisé ces présentations solennelles, ce fut lui qui m’eût préfacé. C’est la mort qui a renversé les rôles. [...]

Son portrait, j’eusse été capable de le faire :  taille moyenne, cheveux noirs. Il louchait, comme moi, mais en sens inverse, c’est-à-dire agréablement. Le strabisme divergent faisait de mon visage une terre en friche ; le sien convergeait, lui donnant un air de malicieuse absence même quand il nous prêtait attention.”

Jean-Paul Sartre, Avant-propos à la réédition d’Aden Arabie (1931), Maspero, 1960.

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Aden 9 dans la presse

janvier 18th, 2012

Le Monde diplomatique, décembre 2010

ADEN – PAUL NIZAN ET LES ANNÉES 30. Une livraison qui revient sur le thème « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) » en évoquant les figures de Simone Weil, Jean Guéhenno, Tristan Tzara, et en republiant des textes de Pierre Brossolette, Jean Zyromski et Renaud de Jouvenel.

Dissidences, 1er trimestre 2011

Aden. Paul Nizan et les années trente, n° 9, 2010 (octobre), «Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939), 2e volume », 454 pages.

Dans une présentation toujours aussi soignée, illustrée par les dessins de Jean-René Kerézéon au fil des pages, ce volume est le second sur ces intellectuels venus combattre aux côtés des républicains espagnols, au nom d’une certaine éthique de l’engagement.

Dans son avant-propos, Anne Mathieu revient sur la place centrale et emblématique qu’occupe la Guerre d’Espagne pour les antifascistes passés et présents. Elle insiste également sur l’horizon international de ces écrivains, poètes, reporters, en partie oubliés car dans l’ombre portée des Hemingway, Malraux etc. Donc, parmi les quinze articles de ce volume, la romancière allemande pour la jeunesse Ruth Rewald, le poète britannique W. H. Auden ou le reporter français de L’Humanité, Jean Alloucherie, reprennent vie grâce aux contributions respectives de Mathilde Lévêque, Antony Shuttleworth et Michel Lefebvre. Egalement, Marleen Rensen signe un article très précieux sur l’écrivain Jef Last, communiste et homosexuel, ami de Gide, et Sara Miglietti se penche sur les militants italiens de Giustizia e Liberta, venus dès 1936 combattre aux côtés des anarchistes de la C.N.T. A partir de la perspective de l’histoire vécue par les protagonistes, S. Miglietti tente de répondre à des critiques récentes sur l’activité et l’impact réel de ces combattants. La contribution de A. B. Yabara sur le poète noir américain Langston Hughes possède le grand mérite, pour les lecteurs français, d’attirer l’attention sur un « compagnon de route » du Parti communiste, venu en Espagne apporter son soutien, celui des noirs des Etats-Unis, à travers des reportages pour The Baltimore Afro-American. L’auteur cite de nombreux extraits (traduits) des articles de L. Hughes, à partir d’une anthologie de ses textes sur le monde hispanique, parue en 1977 aux Etats-Unis sous la direction de E. J. Mullen. Néanmoins, les connaissances de l’auteur sur les militants communistes américains semblent parfois superficielles. Ainsi, au détour d’une note (n. 118, p. 44) apparaît le nom du poète noir Claude McKay, ami de L. Hughes, sans qu’il soit fait mention de sa forte implication au sein du Parti communiste étatsunien. Il est un des délégués au IVe Congrès du Komintern en novembre 1922, où il prononce le discours sur la question noire ; il assiste aux cérémonies du Ve anniversaire de la Révolution d’Octobre au milieu des dirigeants bolcheviques, correspond avec ceux du Komintern et signe des articles dans Inprecor, par exemple «The Racial Question» (n° du 21 novembre 1922). Quand à L. Hughes, il est lui aussi impliqué plus fortement dans les activités militantes communistes que les quelques lignes que A. B. Yabara consacre à ce sujet. Ainsi, par exemple, ses poèmes apparaissent dès 1932 dans la revue du Komintern consacrée aux combats des noirs, The Negro Worker (1928-1937), dont son scandaleux texte anti-religieux (en partie traduit dans l’article), « Good bye Christ» (The Negro Worker, vol. II, n° 11-12, novembre-décembre 1932, p. 32). Dans les années vingt et trente, Claude McKay, Langston Hughes et Richard Wright font partie des intellectuels noirs mis en avant par le Parti communiste aux Etats-Unis.

Dans la partie « Textes et témoignages retrouvés », des textes des organes de presses communistes (Regards, Ce soir, Commune), socialistes (Le Populaire) ou syndicalistes révolutionnaires (La Révolution prolétarienne) reflètent les sensibilités de l’époque. Trois contributions sur Nizan, et un fort ensemble de comptes rendus de lectures complètent ce volume. Ajoutons pour terminer que ce numéro, comme les huit précédents, possède d’impressionnantes notes de bas de pages, outils complémentaires pour renseigner encore plus le foisonnement de ces années trente. Le prochain volume porte sur l’engagement des artistes (sortie en octobre 2011).

Gavroche, n°106, mars-juin 2011

Un certain engagement en politique dans les années trente (suite)

En 2006, la revue Aden avait consacré un premier volume à ce thème (cf. Gavroche, n° 150, avril 2007) ; elle annonce, après celui-ci, un prochain numéro dans les années à venir sur ce sujet, démontrant qu’elle a de la suite dans les idées et veut explorer méthodiquement un champ de recherches délaissé.

La présente livraison revendique une plus grande ouverture internationale, largement atteinte, et « la même volonté de faire entendre toutes les sensibilités de la gauche» – une intention louable, mais qui reste problématique pour aborder des événements qui virent une véritable chasse à l’homme dans le camp républicain espagnol et laisse nombre d’impensées dans la façon d’aborder cette période jusqu’à nos jours.

Dans un sommaire parfois inégal, on oubliera vite la contribution sur Simone Weil pour noter que sont abordés des écrivains comme Max Aub, l’auteur du  Labyrinthe magique, une saga en six volumes sur la guerre d’Espagne (en cours de traduction française), Ruth Rewald, auteur de l’unique roman allemand pour la jeunesse sur le sujet, le pacifiste Jean Guéhenno, le poète britannique W. H. Auden, l’écrivain hollandais Jef Last, connu pour avoir accompagné André Gide et Eugène Dabit dans leur voyage en U.R.S.S. On lira aussi avec intérêt l’article consacré au groupe antifasciste italien fondé par Carlo Rosselli, Giustizia e Libertà, dont de nombreux militants sont venus se battre en Espagne. Sont aussi évoquées les revues communistes Commune, l’organe de l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires, en France, et El Mono Azul, celui de l’Alliance des intellectuels antifascistes pour la défense de la culture, en Espagne : deux publications typiques du discours de la période des Fronts populaires dont la rhétorique à prétention antifasciste s’insère, entre, faut-il le rappeler, la politique dite « classe contre classe» qui ouvrit les voies du pouvoir à Hitler en Allemagne- et celle, « anti-impérialiste », qui suivit la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939.

La revue poursuit également son exploration des « héritages de Nizan » et offre une substantielle rubrique de notes de lecture.

Un dossier à lire mais en gardant à l’esprit les réflexions de Victor Serge après la mise hors la loi du P.O.U.M. et la démission de Largo Caballero : « Impossible de vaincre le fascisme [ ...] en instituant à l’intérieur un régime de camps de concentration et d’assassinat contre les antifascistes les plus énergiques et les plus sûrs; et en perdant le prestige moral de la démocratie. »

Cahiers Simone Weil, Juin 2011

Alexandre Massipe, « Simone Weil et la guerre d’Espagne : l’idéal révolutionnaire à l’épreuve du réel », Aden, n° 9, octobre 2010, p. 76-89.

Saluons la qualité du dossier, consacré par la revue Aden (dirigée par Anne Mathieu) aux « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la république espagnole (1936-1939) », en deux volumes.

Alexandre Massipe donne une bonne synthèse sur les raisons qui ont poussé Weil, pacifiste extrême, à s’engager à titre personnel dans la guerre d’Espagne. Il suit avec minutie les étapes de cette « éphémère participation», l’« attitude partisane» de S. Weil qui« n’entrave nullement son désir de témoigner des exactions commises par les Républicains espagnols» (p. 84), ce qui permet de relever « un sentiment cher à S. Weil, celui de l’impartialité» (nous aurions parlé plutôt de l’amour de la vérité, qui prend chez elle la forme d’une objectivité permettant de comprendre et de faire comprendre, selon la définition que proposait Ricœur). Les nombreuses citations, judicieusement choisies, font entendre la voix et le ton de S. Weil à propos de ces événements qui ont beaucoup compté dans sa vie et qui ont pesé sur les « réflexions pour déplaire» qu’elle consacrera, à son retour, à l’écart révélé par ce qu’elle a vécu, entre l’idéal révolutionnaire et sa mise en œuvre dans une guerre civile. S. Weil interroge le cœur même de l’idéal, « ses fins mais aussi ses moyens, et plus encore les limites de ces moyens» (p. 87).

Seule la présentation de l’épisode du petit phalangiste, dans la lettre à Bernanos (que cite l’A., p. 88) méritera désormais une autre présentation, puisque des éléments nouveaux éclairent plus précisément cet épisode*.

* Voir Patrick DREVET, «S. Weil en Espagne. Retour sur un passage de la lettre à Bernanos », CSW, XXXII-4, pp. 541-549.

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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Aden au 21e salon de la revue

septembre 21st, 2011

La revue Aden sera présente,

comme chaque année,

au Salon de la Revue à Paris,


48, rue Vieille-du-Temple,

Espace des Blancs-Manteaux

(métro St-Paul ou Hôtel de ville)


Le vendredi 14 octobre de 20 à 22h

Le samedi 15 octobre de 10 à 20h

Le dimanche 16 octobre de 10 à 19h30


Nous vous y attendons !

Samedi 15 octobre, 14h30-15h30, Salon Edouard Glissant, rencontre avec l’équipe d’ADEN autour du thème “Artistes, engagez-vous!”


www.entrevues.org

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Parution du n°10 de la revue ADEN : Artistes, engagez-vous ! (octobre 2011)

septembre 21st, 2011

Artistes,

engagez-vous !

Bulletin de commande ci-joint : Bulletin de commande ADEN n°10

Avant-propos de Guy Palayret

Léonor  Delaunay : « De l’”agit-prop” au théâtre populaire. Contribution à une anatomie de l’engagement théâtral dans les années 30 »

Aurore Heidelberger : « Der grüne Tisch de Kurt Jooss, ou la danse comme expression du pacifisme »

Sabrina Dubbeld : « Le Groupe Témoignage. Une tentative de renaissance artistique et spirituelle née à Lyon dans les années 30 »

Robert Mencherini : « Antoine Serra, peintre prolétarien marseillais »

Pierre-Frédéric Charpentier : « L’artiste désigné comme cible : Otto Freundlich, le nazisme et “l’Art dégénéré” »

Patrick Dubuis : « Filippo De Pisis : un artiste libre »

Matthieu Le Tallec : « Le Surréalisme, l’Opposition de gauche et ses suites. Trajectoires croisées, entre attraction et répulsion (1928-1938) »

Frédéric Thomas : « Un cinéma au service de la révolution. Luis Buñuel : Las Hurdes. Tierra sin pan »

Luis Velasco-Pufleau : « La Liga de Escritores y Artistas Revolucionarios (L.E.A.R.) : l’antifascisme communiste au Mexique »

Aurelia Dufils, François Gentili et Marie Vacher : « De Moscou à Baillet-en-France : le singulier destin des sculptures du pavillon soviétique de l’Exposition Universelle de 1937 »

Textes et Témoignages retrouvés

Présentation de Anne Mathieu & Anne Renoult

I – Le Surréalisme Au Service de

L’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires

Avant-propos de Patrice Allain

Séance du mardi 17 janvier 1933

Séance du mardi 28 février 1933

Paul Vaillant-Couturier : « Vers les réalisations de l’art révolutionnaire : L’A.E.A.R. »

Feuillets du cinéma (extraits)

II – L’art en réflexion

Michel-Léon Hirsch : « Socialisme et musique »

Cercle d’Études Architecturales : « L’architecture et l’école »

Jean Lurçat : « [Où va la peinture ?] »

Valentine Hugo : « [Où va la peinture ?] »

Jenny-Laure Garcin : « [Où va la peinture ?] »

Du côté de Paul Nizan

Nizan romancier

Carme Figuerola : « Nizan dans son élément. Aspects de l’eau dans son œuvre romanesque »

Comptes rendus de lectures

(rubrique sous la responsabilité de Pierrick Lafleur & Fabrice Szabo)

Carole Reynaud-Paligot, Parcours politique des Surréalistes, Paris, C.N.R.S. éditions, 2010, 470 p. [1ère édition : 1995]

Gérard Noiriel, Dire la Vérité au pouvoir. Les intellectuels en question, Marseille, Agone, « Éléments », 2010, 311 p.

Klaus Mann, Aujourd’hui et demain. L’Esprit européen, 1925-1949, Paris, Phébus, 2011, 240 p. (traduit de l’allemand par Corinna Gepner et Dominique-Laure Miermont) ; Klaus Mann, Point de Rencontre à l’infini, Préface de Pierre Assouline, Paris, Phébus, 2010, 297 p. (traduit de l’allemand par Corinna Gepner ; titre original : Treffpunkt im Unendlichen, S. Fischer Verlag, 1932) ;  Klaus Mann, Speed, Paris, Phébus, « Libretto », 2010, 320 p. (traduit de l’allemand et de l’anglais par Dominique-Laure Miermont).

Dan Franck, Minuit, Paris, Bernard Grasset, 2010, 487 p.

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Lucien Seroux, Anthologie de la Connerie militariste d’expression française, volume 5, Toulouse, Éditions AAEL, 254 p.

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Sophie Leclercq, La Rançon du colonialisme. Les surréalistes face aux mythes de la France coloniale (1919-1962), s.l., Les presses du réel, 2010, 445 p.

Cahiers Jean-Richard Bloch, « Orient-Occident au temps de Jean-Richard Bloch (1920-1940) », n° 10, 2010, 236 p.

Carlo Lucarelli, La huitième Vibration, Paris, Métailié, 2010, 416 p. (traduit de l’italien par Serge Quadruppani ; Titre original : L’Ottava vibrazione, Turin, Guilio Einaudi editore, 2008).

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Josep Bartoli, La Retirada. Exode et exils des républicains d’Espagne, Photographies de Georges Bartoli, Récit de Laurence Garcia, Arles, Actes Sud BD, 2009, 166 p.

Carlos Fernandez, De la Guerre d’Espagne à la résistance, Montaigu, Comité départemental du souvenir des fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire Inférieure/Amicale de Chateaubriant Voves-Rouillé, 77 p.

La Littérature espagnole et les camps français d’internement (de 1939 à nos jours) (Bernard Sicot, coord.), Actes du colloque international « 70 años después », Nanterre, 12-14 février 2009, Paris, Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, 2010, 568 p.

Elvire Diaz, Oubli et Mémoire. La résistance au Franquisme dans le roman espagnol depuis la Transition, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, « Mondes hispanophones 36 », 2011, 209 p.

Albert Bensoussan, Federico García Lorca, Paris, Gallimard, 2010, 442 p.

Claude Le Bigot, Lectures de Miguel Hernández. La voix poétique du déchirement, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, 248 p.

Encarnacio Martorelli i Gil, Un Regard innocent. Journal de la guerre civile en Espagne, Préface de Josep Maria Solé i Sabaté, Paris, éditions Métailié, « Bibliothèque Hispanique », 2011, 170 p. (traduit du catalan par Marie Vila Casas ; titre original : Amb ulls de nena, inédit).

Elsa Triolet, Dix Jours en Espagne, Présentation de Marie-Thérèse Eychart, Bruxelles, éditions Aden et Salaet, « Label Littérature », 2010, 70 p. (tapuscrit corrigé traduit du russe par Gilbert Fisz ; 1ère édition : Znamia, 1937) ; suivi de J’ai perdu mon cœur au Boulou, Présentation de M.-T. Eichart, 10 p. (1ère édition : Regards en février 1939).

Manuel Chaves Nogales, À feu et à sang. Héros, brutes et martyrs d’Espagne, Paris, Quai Voltaire/La Table ronde, 2011, 265 p. (Traduit de l’espagnol par Catherine Vasseur ; titre original : A sangre y fuego, Herederos de Manuel Chaves Nogales, Espasa Calve, 2006).

Ramón Chao, L’Odyssée du Winnipeg, Paris, Buchet-Chastel, 2010, 254 p. (titre original : Las Traversías de Luis Gontán, S.L., Tabla Rasa Libros Ediciones, 2006).

Suzanna Fortes, En attendant Robert Capa, Paris, éditions Héloïse d’Ormesson, 2011, 254 p. (Traduit de l’espagnol par Julie Marcot; titre original : Esperando a Robert Capa, Barcelona, Planeta, 2009).

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Romain Ducoulombier, Camarades ! La Naissance du parti communiste en France, Préface de Marc Lazar, Paris, Perrin, 2010, 430 p.

Serge Wolikow, L’Internationale communiste (1919-1943). Le Komintern ou le rêve déchu du parti mondial de la Révolution, Paris, éditions de l’Atelier, 2010, 288 p.

Jean-Marc Piotte, La Pensée politique de Gramsci, Montréal, Lux Editeur, « Humanités », 2010, 261 p.

Alexandra Laignel-Lavastine, Esprits d’Europe, Paris, Gallimard, « Folio Essais », 2010, 355 p.

« Les écrivains-journalistes », Textyles. Revue des lettres belges de langue française, n° 39, Dossier dirigé par Paul Aron, Bruxelles, Le Cri Edition, 2010, 245 p.

Réinventer le roman dans les années vingt, Textes réunis par Myriam Boucharenc et Emmanuel Rubio, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, Revue des Sciences Humaines, n° 298, 2/2010, 231 p.

Jane Blevins, L’Écrivain et son public à l’ère de la radio. D’Edgar Allan Poe à Paul Valéry, Préface de Michel Jarrety, Paris, éditions I.N.A., « médias histoire », 2010, 350 p.

Rémi Astruc, Le Renouveau du grotesque dans le roman du XXème siècle, Paris, Classiques Garnier, « Perspectives Comparatistes », 2010, 279 p.

En marge. Relire vingt-cinq romanciers du XXème siècle (François Ouellet, Dir.), Québec, éditions Nota Bene, 2010, 379 p.

Elizabeth Coquart, La Frondeuse. Marguerite Durand, patronne de presse et féministe, Paris,  Payot, 2010, 347 p.

Pierre Unik : 1909-1945, Paris, Librairie-Galerie Emmanuel Hutin, 2009, 135 p.

Laurent Douzou, Lucie Aubrac, Paris, Perrin, 2009, 380 p.

Peter Longerich, Himmler. L’Éclosion quotidienne d’un monstre ordinaire, Paris, éditions Héloïse d’Ormesson, 2010, 930 p. (traduit de l’allemand par Raymond Clarinard ; titre original : Heinrich Himmler, München, Siedler Verlag, 2008).

Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Georges Boris. Trente ans d’influence. Blum, de Gaulle, Mendès-France, Paris, Gallimard, 2010, 466 p.

Annette Wieviorka, Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez, Paris, Fayard, 2010, 688 p.

Domenico Losurdo, Staline. Histoire et critique d’une légende noire, Bruxelles, éditions Aden[1], 2011, 531 p. (traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio ; titre original : Stalin, storia e critica di una legenda nera, Carocci Editore, 2009).

Antoine Compagnon, Le Cas Bernard Faÿ. Du Collège de France à l’indignité nationale, Paris, Gallimard, « Suite des temps », 2009, 226 p.

Albert Dichy et Pascal Fouché, Jean Genet, matricule 192.102. Chronique des années 1910-1944, Paris, Gallimard, « Les Cahiers de la NRF », 2010, 456 p.

Béatrice Mousli, Philippe Soupault, Paris, Flammarion, 2010, 471 p.

Patrice Delbourg, L’Odyssée Cendrars, Paris, L’Archipel, 2010, 224 p.

Victor Serge, Mémoires d’un révolutionnaire, 1905-1945, Préface de Jean Rière ; Appendice : Ma rupture avec Trotski, Montréal, Lux éditeur, 2010, 466 p.

Élie Faure, Cinéma Cinéma Cinéma, Bruxelles, Manucis, 2010, 151 p.

Kobayashi Takiji, Le Bateau-usine, Postface d’Evelyne Lesigne-Audoly, Paris, éditions Yago, 2009, 138 p. (traduit du japonais par Evelyne Lesigne-Audoly ; titre original : Kanikôsen, 1929).

Sandor Marai, L’Étrangère, Paris, Albin Michel, 2010, 223 p. (traduit du hongrois par Catherine Fay ; titre original : A Sziget ; 1ère édition : 1934).

Julien Blanc, Confusion des peines, Le Bouscat, éditions Finitude, 2011, 255 p. (1ère édition : Gallimard, 1943).

Joseph Kessel, Reportages, Romans, Préface de Gilles Heuré, Édition établie et dirigée par Gilles Heuré, Paris, Gallimard, « Quarto », 2010, 1280 p.

Marcel Astruc, Trois Mois payés, Postface de Jean-José Marchand, Paris, Le Dilettante, 2009, 221 p. (1ère édition : Tambourin, 1930).

André Gide, Jean Amrouche, Correspondance 1928-1950, Édition établie, présentée et  annotée par Pierre Masson et Guy Dugas, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 2010, 356 p.

Jean Paulhan-Armand Petitjean, Correspondance 1934-1968, Édition établie et annotée par Martyn Cornick, Paris, Gallimard, « Cahiers de la nrf », 2011, 736 p.

Leonardo Padura, L’Homme qui aimait les chiens, Paris, éditions Métailié, 2011, 671 p., (traduit de l’espagnol (Cuba) par René Solis et Elena Zayas ; titre original : El hombre que amaba a los perros, Barcelona, Tusquets Editores, 2009) ; Patrick Pesnot, Les Espions Russes de Staline à Poutine, Paris, France Inter/Nouveau Monde Éditions, « Les dossiers secrets de Monsieur X », 2010, 380 p.

Didier Eribon, Retour à Reims, Paris, Flammarion, « Champs essais », 2010, 248 p. (1ère édition : Fayard, 2009).

Frédéric Martinez, Aux singuliers : les Excentriques des Lettres, Paris, Les Belles Lettres, 2010, 255 p.

[Par Patrice Allain, Yves Ansel, Philippe Baudorre, Michel Bertrand, Pierre-Frédéric Charpentier, Jacques Deguy, Félix Janvier, Gilles Kersaudy, Pierrick Lafleur, Michel Lefebvre, Anne Mathieu, François Ouellet, Nicolas Planchais, Renaud Quillet, Anne Renoult, Pere Solà, Fabrice Szabo, Michèle Touret, Gilles Vergnon]

Comptes rendus divers (expositions, théâtre, cinéma…)

(rubrique sous la responsabilité de Pierrick Lafleur & Fabrice Szabo)

« Lénine, Staline et la musique », Paris, Cité de la Musique, 12 octobre 2010-16 janvier 2011.

The Mexican Suitcase : Rediscovered Spanish Civil War Negatives by Capa, Chim and Taro, New York, International Center of Photography,  24 septembre 2010- 8 mai 2011.

[et : The Mexican suitcase, New York, International Center of Photography, Göttingen, Steidl, 2010, vol. I, 160 p., vol. II, 428 p.]

« David Seymour (Chim). Un photographe humaniste », Bruxelles, Musée Juif de Belgique, avec le soutien de l’agence Magnum, 20 octobre 2010-27 mars 2011.

[Par Anne Mathieu, Guy Palayret, Fabrice Szabo]

°°

Illustrations de Jean-René Kerézéon

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Appel à contribution Aden 11 (31 mars 2012)

juillet 25th, 2011

Un air de prolétaire…

*

Appel à contributions (31 mars 2012)

*

La revue Aden. Paul Nizan et les années trente continue son exploration des années 1930 et particulièrement des voix méconnues ou inconnues de la période, et ce, dans une perspective internationale.

Elle consacrera la majeure partie de son n° 11 (sortie en octobre 2012) à la figure du prolétaire.

Depuis la réactivation du terme, par Marx notamment, à la fin du XIXème siècle, le prolétariat est devenu un thème central du discours de toute la pensée socialiste et révolutionnaire. Mais que recouvre-t-il à ce moment de l’histoire ?

« Un air de prolétaire… » : l’intitulé, volontairement polyphonique et un brin humoristique indique dans quel esprit est envisagée cette thématique.

De l’air que l’on fredonne à l’air du temps, en passant par l’allure réelle ou fictive d’un personnage, comment est représentée cette figure du prolétaire ? Comment est-elle investie par l’imaginaire collectif ou individuel ? De quelles autres images est-elle proche ou distincte ? Plus conceptuellement, que désigne la notion de prolétaire dans le champ idéologique et politique des années 30 ?

Ces questions, non exhaustives, engagent toute une réflexion visant à mieux cerner les enjeux d’un terme et d’une représentation, déjà largement connotés, à ce moment historique des années 30. Elles chercheront des réponses au travers d’articles s’appuyant sur les champs aussi bien littéraires qu’historiques, philosophiques que sociologiques.

Suivant le principe qui nous anime et dont nos cinq derniers numéros[1] peuvent témoigner, nous souhaitons traiter de toutes les sensibilités de la gauche.

Enfin, nous aimerions qu’une partie de ce dossier soit consacrée aux héritages des différentes représentations et notions « années 30 » du prolétaire dans les époques postérieures.

*

Chaque article doit comporter 20.000 signes minimum et 35.000 signes maximum.

Il doit être rendu sans aucune marge et mise en page, en format Word ou RTF exclusivement, en police Times New Roman impérativement et en caractère 12, les notes devant être en bas de page et dans la même police.

Il doit, enfin, être d’une tenue irréprochable tant dans le style que dans la problématique mise en place.

Tout article ne respectant pas ces conditions ne sera pas considéré.

L’article doit parvenir en fichier-joint à Anne Mathieu (matan@infonie.fr), Directrice de la publication, pour la fin mars 2011, délai à respecter scrupuleusement.

Il est conseillé de faire préalablement une proposition de sujet, auprès de cette même personne (matan@infonie.fr) et de Guy Palayret (guy.palayret@wanadoo.fr), Rédacteur en chef.

La revue Aden.


[1] N° 5 (oct. 2006) : « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) » ; n° 6 (oct. 2007) : « Féminisme et communisme » ; n° 7 (oct. 2008) : « Pacifisme et Antimilitarisme » ; n° 8 (oct. 2009) : « Anticolonialistes des années trente et leurs héritages » ; n° 9 (oct. 2010) : « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) [2e vol.] ». Signalons aussi le n° 10 à paraître en oct. 2011 : « Artistes, engagez-vous !».

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Appel à contributions colloque 2012 (La gauche des années 1930)

juillet 10th, 2011

Appel à
contributions

Colloque
international

*

La gauche des
années 1930

Arts, Journalisme, Littérature
(Europe-Amériques)

Paris, Mairie du XIVe arrondissement

30 novembre, 1er et 2 décembre 2012

*

À la fin de l’année 2012, la revue Aden. Paul Nizan et les années trente aura dix ans. Cet anniversaire sera souligné par un grand colloque international pluridisciplinaire et interdisciplinaire sur les années 1930.

Ce colloque sera co-organisé par le Groupe Interdisciplinaire d’Études Nizaniennes (G.I.E.N.), dont la revue est l’émanation, et par la Chaire de recherche du Canada sur le roman moderne de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Le programme du colloque reflètera la ligne éditoriale de la revue : exploration européenne et internationale
des années 1930 et des mouvements de gauche de cette période à travers la littérature, la presse, l’art, la politique, l’histoire, etc. Le colloque s’intéressera en particulier à la circulation des idées, des thèmes et des formes dans l’espace européen, et au dialogue qu’ils entretiennent avec les Amériques.

Dans l’esprit d’Aden et de la Chaire, nous encourageons vivement les intervenants à s’intéresser à des écrivains, intellectuels,
journalistes et artistes principalement européens peu commentés, de manière à éviter les références habituelles et déjà largement documentées ; les grands noms ne sont pas systématiquement exclus, mais nous allons privilégier les propositions susceptibles de renouveler et d’enrichir notre connaissance sur l’époque par de nouveaux éclairages.


Les intervenants sont invités à inscrire leur proposition dans l’une des trois grandes sections du programme, à l’intérieur desquelles un certain nombre de thèmes sont proposés. Chacun devra se conformer à l’un des thèmes :

Arts

Art et engagement en Europe et dans le monde : arts plastiques, théâtre, chanson, cirque

L’adaptation d’œuvres littéraires

La diffusion des approches marxistes dans les disciplines des Humanités

Le cinéma en Europe comme outil idéologique (cinéma soviétique, allemand, espagnol, etc.)

Les scénaristes et l’engagement

Journalisme

Débats et positions sur le New Deal

Le romancier reporter

Le voyage au pays du IIIe Reich ou dans l’Italie fasciste

Les reporters photos

Les revues européennes et américaines face au communisme et au stalinisme

Littérature

Cercles et contacts internationaux entre les écrivains

Discours amoureux et lutte de classe

Écrire la guerre et la révolution

La figure du père

La jeunesse

Le culte de l’automobile

Le militant

Le peuple

Le roman populaire

Représentations de l’exotisme

Visions de l’Amérique dans les romans européens


Veuillez faire parvenir vos propositions de communication en 250 mots maximum et une brève bio-bibliographie (profession, domaine de recherche, principales publications) à la fois à Anne Mathieu (matan@infonie.fr) et à François Ouellet (francois_ouellet@uqac.ca), coordinateurs du colloque, avant le 9 décembre 2011.

*

Membres du Conseil Scientifique : Patrice Allain, Yves Ansel, Michel Bertrand, Pierre-Frédéric Charpentier, Gilles Kersaudy, Jean-Marie Nizan, Pascal Ory, Guy Palayret, Romain Piana, Bernard Pudal, Renaud Quillet, Anne Renoult, Marleen Rensen, Ángels
Santa, Gilles Vergnon.

*

Ce colloque des dix ans de la revue Aden est organisé avec le soutien du Centre National du Livre (C.N.L.), du Centre d’Etudes Littéraires Jean Mourot (CELJM) de l’Université Nancy-2 et de la Chaire de recherche du Canada sur le roman moderne à l’UQAC.

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Aden 8 dans la presse

juin 6th, 2011

Le Monde diplomatique, décembre 2009

ADEN. « Anticolonialistes des années 1930 et leurs héritages », c’est à des « marginaux oubliés » que la revue a voulu donner la parole, rappelant la « difficulté de l’émergence de l’anticolonialisme ». Introduite par Anne Mathieu et Benjamin Stora, cette livraison publie des articles sur l’exposition coloniale de 1931, sur la personnalité de Daniel Guérin, ainsi que d’émouvants témoignages de l’époque par des figures oubliées. (N°8, octobre, annuel, 25 euros.)

Encres de Loire, janvier 2010

Aden n° 8. Anticolonialistes des années trente et leurs héritages, 433 p., 25 €. ISBN 978-2805901959. Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes

Bien avant les années 1950-1960, des voix anticolonialistes marginales préparèrent les conditions du combat postérieur. Ce numéro présente des figures importantes et oubliées de cette lutte en germe, (Habib Bourguiba, Daniel Guérin, Messali Hadj, Magdeleine Paz, ou Andrée Viollis) et montre comment différents courants étaient alors à l’œuvre, offrant une diversité de cet engagement et une complexité également annonciatrices des années d’après-guerre.

Dissidences, 1er semestre 2010

Aden. Paul Nizan et les années trente n°8, octobre 2009, «Anticolonialistes des années trente et leurs héritages », 445 p.

Ce volumineux dossier de cette excellente revue (excellence des thèmes depuis le début et excellence de la forme : reproduction de documents, abondance de notes de bas de pages renseignées, illustrations de Jean-René Kerézéon) aborde cette fois ces militants anticolonialistes, « marginaux » plus ou moins oubliés, car luttant au coeur d’un moment historique hanté prioritairement par les menaces nazies et fascistes. Publiée maintenant par les éditions belges Aden (cela semble aller de soi, n’est-ce pas ?), cette revue accueille pour ce volume quelques spécialistes des thèmes ou des figures anticolonialistes, parmi lesquels, ne soyons pas modestes, figurent deux membres éminents de Dissidences. Thierry Hohl retrace l’évolution d’un Daniel Guérin, qui radicalise ses positions devant « l’impossible réception » de ses analyses dans la S.F.I.O., alors que Vincent Chambarlhac, à partir du roman (inédit) du militant communiste Pierre Sémard, Bamba, le petit diable noir, travaille sur « le monde de significations qui enserre l’imaginaire social du fait colonial » (p. 122). Pierre Herbart (P. Lecoeur), Jean Guéhenno (G. Sat), les littérateurs pour la jeunesse (M. Lévêque), Magdeleine Paz (A. Mathieu), l’Exposition coloniale de Vincennes de 1931 (A. Ruscio) ou les positions différentes des familles politiques de la gauche révolutionnaire au temps du Front populaire forment la trame de ce panorama. On regrettera peut-être le caractère daté (1983) de ce dernier article, de Benjamin Stora, qui, bien que fort éclairant, aurait sans aucun doute mérité d’être retravaillé, plutôt que simplement « remanié » (p. 19), la majorité des travaux cités étant vraiment anciens. L’entretien que cet auteur accorde à la revue permet de préciser certains points, néanmoins. La seconde partie, comme à l’accoutumée, comporte des textes, des témoignages dont une vingtaine de pages consacrées à Andrée Viollis, une des grandes « Voix » anticolonialistes de ces années trente. Comme toute revue qui se respecte, les comptes rendus divers terminent ce volume. Au final, qu’on nous permette de paraphraser Paul Nizan : la France possédait une littérature coloniale, reflet de son empire colonial, et cela ne pouvait que susciter une littérature anticoloniale. Les écrits contrastés – humanistes, proto-réformistes, révoltés, révolutionnaires – des premiers militants et intellectuels anticolonialistes, parmi lesquels on remarque de hautes et nobles figures féminines comme celle de Magdeleine Paz finement retracée par Anne Mathieu, jettent les bases sur lesquelles se solidifieront dans les années cinquante et soixante de puissantes solidarités. Numéro incontournable donc, surtout pour remettre en perspective des combats internationalistes qui ne devaient rien aux problématiques indigénistes ou aux idéologies identitaires si complaisamment exhibées, de nos jours, dans certains lieux.

Gavroche, avril-juin 2010

Les débuts de l’anticolonialisme

La revue Aden poursuit son exploration thématique des années 30 avec un volumineux dossier sur les anticolonialistes de cette décennie charnière. Elle voit en effet l’idéologie colonialiste atteindre des sommets dans l’opinion avec le succès des expositions coloniales qui voient défiler des millions de visiteurs venus communier dans un exotisme de pacotille et la mise en scène de « races inférieures » à qui une « France généreuse » vient apporter les «bienfaits de la civilisation». En même temps, et malgré ce consensus apparent, une critique radicale du colonialisme se développe qui, malgré son caractère minoritaire et marginal, annonce la grande vague des luttes anticoloniales qui suit la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Parmi ces anticolonialistes, la revue met en avant ceux de la gauche socialiste révolutionnaire avec la réédition d’un article de Benjamin Stora sur le sujet. Elle s’intéresse aussi à la figure singulière de Daniel Guérin ou à celle, oubliée, de Magdeleine Paz, ainsi qu’à la critique, ferme mais isolée, de l’Exposition coloniale de Paris (1931). Elle évoque aussi la littérature pour la jeunesse et les écrivains Pierre Herbart et Jean Guéhenno avant une rubrique de textes retrouvés qui rappelle la voix d’écrivains, de journalistes et de témoins engagés de l’époque, en particulier celle d’André Viollis, dont le témoignage Indochine SOS a été récemment réédité. Malgré l’intérêt de certains de ces textes, l’on ne peut s’empêcher de leur trouver une tonalité assez « Front populaire », voire « compagnons de route » – sensible dans le choix des journaux et revues d’où la plupart sont extraits (Libération, Marianne, Vendredi, Les Volontaires, Vu, etc.) – à l’exception de l’article de Jean Leunois paru dans la revue syndicaliste La Révolution prolétarienne. Ce dossier est accompagné des rubriques habituelles de la revue (« Du côté de Paul Nizan» ; « Comptes rendus de lecture »).

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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Aden 7 dans la presse

juin 6th, 2011

Quinzinziuli, automne 2008

ADEN, PAUL NIZAN ET LES ANNÉES 30

Bien sûr, il y a quelques similitudes de parcours et de pensée entre Paul Nizan et Régis Messac, mais nous attendions surtout ce numéro d’Aden, consacré au pacifisme et à l’antimilitarisme des années trente, pour l’article que nous avait annoncé Natacha Vas Deyres sur Régis Messac et Jacques Spitz : « Guerre et paix dans la science-fiction française des années trente » (voir extraits en p. 14 & 15). Par la même occasion, nous y avons découvert l’intéressant compte rendu de lecture que donne François Ouellet de Quinzinziuli (voir extraits en p. 16).

Notre attention à ce numéro porte également sur un article d’Arnaud Blouin : “La Révolution prolétarienne ” qui n’est autre que le titre éponyme de la revue « syndicaliste révolutionnaire » à laquelle Régis Messac a apporté sa contribution. Malgré quelques erreurs relevées dans les notes, cet article nous offre quelques éléments de recherche sur la Ligue internationale des combattants de la paix (voir à ce propos en p. 14), et sur l’œuvre journalistique de Messac à travers deux des organes de presse pacifistes auxquels il a collaboré : La Patrie humaine et Le Barrage. Des références biographiques aussi sur plusieurs de ses amis et des collaborateurs de la revue des Primaires. Il ressort de la lecture de cet article comme de quelques autres que les enseignants, les instituteurs en particulier, ont joué un rôle important dans le mouvement pacifiste de l’entre-deux-guerres.

Figure aussi au sommaire de ce numéro, un article sur le thème dit de « la Révolution culturelle de Mai 1968 et des pamphlets dans les années trente ». On ne peut que regretter, sinon déplorer, que Régis Messac et son essai La Révolution culturelle (Nouvel-Âge, 1938-1939) n’aient pas retenu l’attention de l’auteur de l’article. Enfin, nous avons été ravis de trouver dans ce numéro d’Aden un hommage rendu par Eric Nadaud à Robert Fuzier, journaliste socialiste et collaborateur de Léo Lagrange, dont nous publions (ci-contre) un de ses dessins politiques.

Le Monde diplomatique, décembre 2008

ADEN – PAUL NIZAN ET LES ANNÉES TRENTE. Autour du thème « Pacifisme et antimilitarisme », la revue revient sur le pacifisme des syndicalistes révolutionnaires de la revue La Révolution prolétarienne, analyse la place des notions de guerre et de paix dans la science-fiction française des années 1930, donne un aperçu de la gauche pacifiste espagnole… (N° 7. octobre, annuel. 25 euros.)

Dissidences, 1er semestre 2009

Aden. Paul Nizan et les années trente, n° 7, « Pacifisme et antimilitarisme », n° 7, octobre 2008, 395 p.

La dernière parution du Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes (G.I.E.N.) de Nantes est centrée sur les thématiques du pacifisme et de l’antimilitarisme, dans l’entre-deux-guerres comme il se doit d’après le bornage de la revue. Une première remarque tout d’abord : les différentes composantes du pacifisme, les pacifismes donc, tiennent une place sensiblement plus importante dans ce dossier que l’antimilitarisme révolutionnaire stricto sensu, tel qu’il pouvait par exemple se repérer au sein du Parti communiste (le fameux « travail anti ») au début des années trente, avant que ce dernier n’adhère au principe de Défense nationale. Membres d’une « minorité héroïque face à l’époque » (d’après V. Chambarlhac), les pacifistes sont de plus divisés, c’est ce qui ressort des contributions, entre autres de Arnaud Blouin (« Le pacifisme du noyau syndicaliste révolutionnaire de La Révolution prolétarienne (1914-1939) »), de Vincent Chambarlhac (« 1914-193… Une mémoire brisée ? Entre marginalisation et fidélité, le combat des pacifistes de la Grande Guerre dans les années 30 ») ou de Pierre-Frédéric Charpentier (« Automne 1939, l’échec face à la guerre. Les cas de Louis Lecoin et de Henri Jeanson »). Ces clivages sont générationnels, mais surtout ils apparaissent et persistent à propos de la nature exacte du régime nazi qui s’installe en Allemagne dès 1933 (une mouture seulement renouvelée du Capital, auquel cas le défaitisme révolutionnaire doit s’appliquer, ou bien menace inédite nécessitant un surcroît d’analyses spécifiquement adaptées ?). L’existence, elle aussi nouvelle, de l’U.R.S.S., premier État ouvrier de la planète pour les uns ou figure tutélaire d’un totalitarisme qui ne demande qu’à s’étendre pour les autres (le régime et le mot, voué, on le sait, à une postérité envahissante), favorise une « confusion irrémédiable » (p. 13). Du projet pacifiste chez l’écrivain Victor Margueritte aux divisions (encore et toujours, donc) parmi les Espagnols, préfigurant les futurs affrontements entre communistes et libertaires à partir de 1937, en passant par le combat des pacifistes de la S.F.I.O .à la veille de la guerre de 1939-1945, qui apparaît comme « un jalon important dans l’histoire des déviations socialistes» (p. 157) forment la trame des articles de Nicolas Di Méo, Gaël Pilorget-Brahic et Eric Nadaud, respectivement. Enfin, une étude de Natacha Vas Deyres qui devrait faire plaisir à l’un des directeurs de notre rédaction, Jean-Guillaume Lanuque, grand « messacquien » s’il en est, « Guerre et Paix dans la science-fiction française des années 30. Sur Régis Messac et Jacques Spitz ». Des documents, comme à chaque dossier, accompagnent les analyses, et on y remarquera des textes de Victor Serge ou d’Angelo Tasca (sous le pseudonyme de André Leroux) mais surtout un violent réquisitoire contre la guerre, Les Acharniens d’Aristophane, pièce adaptée par Paul Nizan en 1937, et rééditée pour la première fois depuis, grâce au travail extraordinaire d’érudition de Romain Piana, chercheur en études théâtrales. L’actualité et les héritages de Nizan (dont un article de Anne Mathieu qui met les « points sur les i» à propos de Bernard-Henri Lévy et un entretien avec le comédien et metteur en scène Didier Bezace, qui a monté Aden Arabie au Théâtre d’Aubervilliers en novembre 2008), de très nombreux comptes rendus de lectures, qui enrichissent nos connaissances culturelles et des illustrations de J.-R. Kerézéon, Marc Deniau et de Robert Fuzier (illustrateur de la presse socialiste dans les années trente, puis de la presse communiste dans les années de guerre froide) complètent ce fort volume. N’en doutons point, il figurera dans votre bibliothèque, entre Antimilitarisme et Révolution de J.- Y. Potel et A.Brossat (UGE, 10-18, 1976) et Objecteurs, insoumis, déserteurs. Histoire des réfractaires en France (Stock 2, 1983).

Gavroche, janvier-mars 2009

ADEN, N° 7, octobre 2008, « Pacifisme et antimilitarisme », 304 p., 25 €

Poursuivant son exploration thématique des années 1930, la revue du « Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes » s’intéresse à deux sujets centraux de cette décennie bouleversée : le pacifisme et l’antimilitarisme.

Sont abordés ainsi dans ce dossier, parfois inégal, le pacifisme de l’équipe de la revue syndicaliste révolutionnaire La Révolution prolétarienne, le combat des pacifistes de la guerre de 1914-1918 durant les années 30, le thème de la guerre et de la paix dans la science-fiction française de l’époque, les cas de Louis Lecoin, Henri Jeanson, Victor Margueritte, et celui des pacifistes de la S.F.I.O. On se félicitera, en particulier, de voir des études enfin consacrées à La Révolution prolétarienne qui est, après La Vie ouvrière d’avant 1914, une grande revue syndicaliste dans la tradition de Fernand Pelloutier et de l’autonomie ouvrière. Et l’on peut espérer qu’Aden reviendra ultérieurement sur ce thème décisif pour la période qui est loin d’être épuisé avec ce dossier…

On notera aussi une substantielle rubrique de textes retrouvés où les inconditionnels de Nizan retrouveront la réédition de la pièce d’Aristophane, Les Acharniens , adaptée en 1937 par leur auteur favori ; les autres pourront lire trois articles de Victor Serge sur la marche à la guerre dans le quotidien belge La Wallonie et une analyse originale d’Angelo Tasca sur la résistance au fascisme « pour gagner la paix ».

Comme à l’accoutumée, la revue se termine par les actualités nizaniennes, une copieuse et utile moisson de notes de lecture et l’annonce du thème du prochain numéro : les anticolonialistes des années 30 et leurs héritages.

Courant alternatif, février 2009

Aden, n°7, octobre 2008. Revue du G.I.E.N. (revue du Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes), Pacifisme et antimilitarisme, 400 pages, 25 euros

Après avoir eu raison de s’opposer à l’Union sacrée en 1914 (voir numéro spécial de Courant alternatif, “14-18, Le creuset des totalitarismes”), ceux qui, en 1939, sont restés sur la même ligne, ont-ils eu tort ? C’est ce qui se dit souvent, sous le prétexte qu’en 39 il y avait le fascisme et le nazisme et que, par conséquent, l’entrée en guerre aurait été aussi un moyen de les combattre, alors qu’en 1914 aucun fossé idéologique ne séparait les adversaires. Pointés du doigt, les « pacifistes intégraux » à qui l’on reproche, pour n’avoir pas su comprendre que les deux périodes n’étaient pas identiques, d’avoir parfois flirté avec la « collaboration ». Il y en eut, c’est vrai, mais il ne faut pas oublier de dire que parmi les « donneurs de leçon » quelques-uns oublièrent le caractère « impérialiste » de la guerre qui demeurait, comme en 14, le moteur fondamental du conflit. Il y eut, parmi les pacifistes, un Lecoin avec son Manifeste « Paix immédiate », mais aussi d’autres qui, contre le fascisme et contre la démocratie, se proclamaient « révolutionnaires », « défaitistes » et « internationalistes », comme une partie de la rédaction de La Révolution prolétarienne.

Ces questions paraissent lointaines, mais d’un premier abord seulement, car elles touchent de près tous les choix politiques actuels, au centre desquels on trouve un serpent de mer : la démocratie, quelle démocratie ? Sommes-nous condamnés en dernière instance à la défendre ? et dans ce cas autant entrer au P.S. tout de suite (ce que font finalement beaucoup de trotskistes).

Si cela vous interroge, allez donc vous promener dans cette livraison d’Aden et vous y côtoierez Victor Margueritte et Victor Serge, Monatte et Rosmer, Wladimir Pozner et Lecoin, la Paix, la Guerre, les défaites et les espoirs du mouvement ouvrier. Et puis, en prime, vous aurez droit à une vigoureuse charge d’Anne Mathieu qui règle son compte à un dénommé BHL à propos des Chiens de garde de Nizan.

Le prochain numéro de la revue prévu pour octobre 2009 fait saliver : « Anticolonialistes dans les années trente et leurs héritages ».

L’Ours, juillet-août 2009

EN REVUE

Pacifistes, combien de divisions?

« Pacifisme et antimilitarisme » ADEN Paul Nizan et les années trente n° 7 octobre 2008 394 p., 25 €

D’emblée, les auteurs confirment le traumatisme de longue durée que constitua la Grande Guerre et le poids d’un pacifisme « plus jamais ça » qui, comme l’a montré en son temps Antoine Prost, imprègne la société française. Face aux erreurs du traité de Versailles et à l’expansionnisme des régimes fascistes, les pacifistes pressentent le danger d’une nouvelle guerre et se mobilisent contre elle. Mais, incapables de se rassembler, ils se dispersent au sein des partis et organisations, où ils ne constituent souvent qu’une tendance minoritaire.

PACIFISME ET ANTIFASCISME

Car ils sont divisés. Un fossé sépare les plus âgés, influencés par Romain Rolland ou le défaitisme révolutionnaire de Trotski, des plus jeunes, plus sensibles à la nouveauté et à la dangerosité de ces régimes, l’Allemagne nazie et l’U.R.S.S. stalinienne. À cette époque, le concept de totalitarisme n’existe pas encore – Hannah Arendt l’utilisera la première en 1951 – et rares les penseurs qui osent une comparaison entre les deux régimes. Les pacifistes n’interprètent pas tous le nazisme de la même façon : les uns, dans une vision marxiste, n’y voient qu’un ultime avatar du capitalisme annonçant son dépérissement final ; d’autres, plus sensibles à sa nature totalitaire et antisémite, considèrent qu’il représente un danger inédit. De même, les uns croient à l’efficacité d’une alliance antifasciste avec l’U.R.S.S., d’autres n’hésitent pas à condamner sans appel le stalinisme. Le pacte germano-soviétique d’août 1939 accentuera la confusion. Au final, ces divisions affectent aussi bien les modalités d’action des pacifistes, que leur grille de lecture d’événements tels que les accords de Munich de septembre 1938 ou que le pacte germano-soviétique précédemment évoqué.

Dans la première partie, Arnaud Blouin analyse le noyau syndicaliste révolutionnaire de La Révolution prolétarienne de 1914 à 1939 ; Vincent Chambarlhac s’interroge sur « la mémoire brisée » des pacifistes de la Grande Guerre ; Pierre-Frédéric Charpentier propose une étude de cas : l’échec de Louis Lecoin et d’Henri Jeanson face à la guerre à l’automne 1939 ; Natacha Vas Deyres propose une étude originale sur la Guerre et la Paix dans la science-fiction française à travers les œuvres de Régis Messac et Jacques Spitz ; Nicolas Di Méo analyse le pacifisme spécifique du célèbre auteur de La Garçonne, Victor Margueritte ; dans une perspective comparatiste, Gaël Pilorget-Brahic nous fait découvrir la gauche pacifiste espagnole au Congrès mondial contre la guerre de 1932 ; Éric Nadaud brosse un portrait enlevé du dessinateur Robert Fuzier dont il commente un dessin ; enfin, dans une dernière contribution, le même auteur analyse l’évolution des pacifistes au sein de la S.F.I.O .du congrès socialiste de Nantes en juin 1939 à la défaite de la France en juin 1940.

Dans la partie « Textes et témoignages retrouvés », Anthony Glinoer commente quelques chroniques de l’ancien trotskiste et révolutionnaire professionnel, Victor Serge, dans La Wallonie où l’on constate qu’il refuse de croire la guerre inéluctable. Puis Gilles Vergnon présente un article d’Angelo Tasca, publié sous le pseudonyme d’André Leroux, dans Agir pour la paix, pour le socialisme, créé par des blumistes anti-munichois en décembre 1938 et qui montre que, bien que camouflée, la scission de la S.F.I.O. entre blumistes et paul-fauristes est bel et bien en marche. Puis sont présentés les souvenirs de Vladimir Pozner sur Arnold Zweig, l’ancien combattant, qu’il rencontra en 1938, alors qu’il se savait bientôt soldat.

Enfin, la revue a fait le choix courageux de rééditer l’adaptation par Paul Nizan des Archaniens d’Aristophane, adaptation inédite depuis 1937. Dans une postface, Romain Piana, spécialiste du théâtre, présente ce violent réquisitoire contre la guerre, adapté pour Solomon Mikhoels et Benjamin Souskine du Théâtre juif d’État de Moscou.

À partir de ce kaléidoscope, ce numéro propose une stimulante réflexion sur la nébuleuse pacifiste des années trente, ses divisions, ses contradictions et son impuissance face à la guerre.

NOËLLINE CASTAGNEZ

L’émission « A plus d’un titre » de Jacques Munier, sur France Culture, a été consacrée le 19 juin 2009 à la revue Aden (interview d’Anne Mathieu et Guy Palayret). Aden y avait été évoqué auparavant, le 20 janvier, par André Chabin.

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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Aden 6 dans la presse

juin 6th, 2011

Le Monde diplomatique, novembre 2007

Aden – Paul Nizan et les années trente Dans la dernière livraison, consacrée à « Féminisme et communisme », un article sur  l’instrumentalisation littéraire du thème communiste dans le roman de Louis Aragon, Les Cloches de Bâle, Dolorès Ibarurri, Marie Curie, les trois premières femmes ministres du Front populaire (à une époque où les femmes n’avaient pas encore le droit de vote…), etc.

Le Magazine littéraire, janvier 2008

La revue des revues

Aden, comme il se doit, aborde Paul Nizan et les années 30 : riche et gros dossier « Féminisme & Communisme » évoquant Henriette, sa femme, ou Simone Téry, son égérie, sur fond de Front populaire, guerre d’Espagne et montée du nazisme.

Serge Safran.

Courant alternatif, janvier 2008

Dans cette dernière livraison de la revue d’études nizaniennes, on trouve une quantité impressionnante d’approches et de personnages différents. Et c’est bien cela qui en fait l’intérêt. D’abord parce que ce foisonnement reflète à merveille ce que furent les années d’entre les deux guerres, ces multiples respirations entre deux horreurs capitalistes. Une période souvent mal comprise et qui attire des jugements lapidaires, des salves d’amour ou de haine distribuées sans nuances. Il importerait pourtant de mieux la renifler afin de mieux saisir notre présent.

Le communisme dont il est question est bien celui de cette période, du Parti et de ses dissidences, parfois, mais rarement, libertaire. Le féminisme également, qui ferait bondir bien des radicales, et même des radicaux. Evidemment, souvent « femmes de … » comme M.-C. Vaillant Couturier entre père et mari, elles revendiquent l’égalité mais sont rarement critiques de la famille et du patriarcat. Mais après tout, ce féminisme-là d’il y a 70 ou 80 ans, qui se pose la question de la spécificité de l’oppression des femmes – sont-elles seulement des prolétaires ? – vaut largement celui, post-moderne, de la parité dans les conseils d’administration ou sur les listes électorales. Et, au moins, c’est le plus souvent en termes de classes que les questions sont posées.

On croise des femmes assez connues des milieux militants, comme Magdeleine Paz, Federica Montseny, Dolores Ibarruri, Ida Mett ou Suzanne Buisson mais on découvre aussi des figures trop éclipsées comme Alice Gerstel l’épouse, elle aussi !, de Rühle, comme Simone Téry ou Andrée Viollis.

Citons, pour terminer, cette phrase de Magdeleine Paz, révolutionnaire, pacifiste et antistalinienne : « Il n’y a pas d’écriture féminine, pas de pensée féminine… Il n’y a que des femmes qui s’enferment dans des genres (littéraires) dévolus socialement aux femmes. »

Les prochains numéros de la revue porteront sur « Pacifisme et antimilitarisme », en octobre 2008 ; «Anticolonialisme des années 30 », en octobre 2009 ; « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la république espagnole (1936-1939)» en octobre 2010.

J-P.D.

Alternative libertaire, mai 2008

À l’occasion de sa sixième livraison, la revue Aden. Paul Nizan et les années trente consacre un épais dossier à la question des liens entre « féminisme et communisme ». Le principe éditorial de cette revue est d’explorer les résonances de la politique, de la culture, de l’histoire sur les écritures (qu’elles soient littéraires ou journalistiques) de la décennie qui précèdent la Seconde Guerre mondiale. Le numéro précédent fut consacré aux « Intellectuels, écrivains, journalistes aux côtés de la République espagnole ».

Il est utile de rappeler que le mouvement des femmes n’est pas né dans les années 1960 et 1970, mais qu’il a une longue histoire et que la période de l’entre-deux- guerres fut particulièrement riche, comme le montre le très fourni dossier de « Textes et témoignages retrouvés » que le lecteur peut découvrir dans ce numéro. Les inégalités dans la vie quotidienne et/ou la vie professionnelle, notamment littéraire, suscitent des réflexions toujours aussi pertinentes. Les militantes du mouvement libertaire trouvent leurs places dans ce dossier où sont étudiés aussi bien les parcours de Federica Montseny que des Mujeres Libres, et l’on peut lire un texte d’Ida Mett sur la politique du Front populaire français et la situation en Espagne.

Le lecteur trouvera aussi de nombreux comptes rendus de lecture sur l’actualité éditoriale consacrée à la littérature ou l’histoire des années trente.

Le Grognard, juin 2008

À tous ceux qui doutent parfois du bon état de santé du secteur de l’édition française, à tous ceux que désolent les publications de circonstances, les parutions en rafales relatant les moindres faits et gestes des stars du show-biz, du sport ou de la politique, à tous ceux qui ne supportent plus les best-sellers préfabriqués, les revues élitistes consensuelles et branchées, à tous ceux-là j’ai envie de dire : ne perdez pas espoir. D’irréductibles gaulois continuent encore et toujours à lutter contre la marchandisation et la peopolisation de la « chose littéraire ». Vous en voulez la preuve? Et bien, procurez-vous au plus vite le dernier numéro de la revue Aden, Paul Nizan et les années trente (octobre 2007) consacré à la question des liens entre le féminisme et le communisme durant l’entre deux guerres.

La question de l’émancipation féminine et de la défense des droits fondamentaux des femmes s’est très vite retrouvée mise en parallèle avec les différentes idéologies de libération des individus, qu’elles soient libertaires, individualistes ou collectivistes. Et la difficulté de savoir si la question féminine n’était qu’une dimension d’une problématique plus globale (l’émancipation de tous les individus) ou un problème spécifique et indépendant est naturellement apparue.

Les différents contributeurs du n°6 d’Aden ne nous apportent bien entendu pas de réponses définitives sur ces interrogations – aussi insolubles sans doute que la célèbre énigme de l’œuf et de la poule – mais ils nous offrent, aux travers de leurs études des éléments de réflexion qui ne manquent pas d’intérêt.

Tout d’abord, nous découvrons – ou redécouvrons – une superbe galerie de portraits de femmes qui, à des titres variés et à des degrés divers, ont marqué l’histoire du féminisme : Magdeleine Paz, Louise Weiss, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Simone Téry, Andrée Viollis, Madeleine Jacob etc. Autant de femmes, très différentes les unes des autres, dont les combats ne sont pas toujours les mêmes, mais qui se retrouvent quasi toutes sur un point : la femme est un homme comme les autres ! Et affirmer cela dans les années 30 demande un courage évident et sous-entend, pour celles qui choisissent de mener cette lutte un acharnement indéfectible et quotidien. Et pas seulement contre les « forces réactionnaires», mais aussi, et surtout, paradoxalement, contre les idéologies dites «progressistes» et émancipatrices, notamment le communisme. Car si une partie des grands leaders populaires trouve très « logique » que l’égalité des sexes soit sous-entendue dans le principe de l’égalité pour tous, dans les faits, les engagements publics comme privés restent très mesurés.

Une lettre d’Henriette Nizan à Paul Nizan (reproduite p. 277 et suivantes), pleine de drôlerie et d’élégance, prouve d’ailleurs de manière criante que, si certains hommes trouvent tout à fait normal que les femmes soient de plus en plus nombreuses à se hisser dans le monde des lettres, de la pensée, de la politique… elles ne doivent pas pour autant trop délaisser leurs charges « naturelles » :  s’occuper des enfants, du foyer, de l’intendance… Plus de droits, pourquoi pas… Mais pas moins de devoirs !

La seconde partie de ce sixième numéro d’Aden est bien entendu consacrée plus spécifiquement à Paul Nizan. Le Nantais que je suis est obligé d’accorder une mention spéciale à l’étude que signe Jean-Louis Liters sur la « Rue de la paix ou Nizan à Nantes en pleine Conspiration » qui nous permet de vérifier à quel point Nizan a alimenté la fiction de sa Conspiration à la source des souvenirs très précis de son passage dans la Cité des Ducs.

Stéphane Beau.

Dissidences, décembre 2008

Toujours excellente, à la fois dans ses choix thématiques et dans la rigueur sans faille des articles abondamment pourvus de notes de bas de pages concises mais précises, la revue annuelle de l’équipe du Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes (G.I.E.N.) de Nantes propose pour 2007 un copieux numéro sur les rapports entre le(s) combat(s) féministes et le communisme, illustré comme les numéros précédents par Jean-René Kerézéon.

Quasiment toutes les sensibilités du féminisme sont confrontées à cette « grande lueur à l’est » (Jules Romains, Les hommes de bonne volonté, tome 29), qui apparaît, de prime abord, comme « une aurore » annonciatrice de temps nouveaux et comme « un incendie » capable de réduire en cendres tout l’appareil répressif et idéologique dont les femmes sont victimes. Karl Marx n’avait-il pas diagnostiqué que le degré d’évolution d’une société se mesure à la condition faite aux femmes ?

L’ensemble des contributions est construit autour de trois attitudes, trois tendances, trois chemins empruntés par les féministes. La première manière identifie le combat des femmes à celui des opprimés masculins, suivant en cela l’axiome : « Les femmes sont des prolétaires comme les autres ». Donc le problème particulier des femmes n’en est pas un et tout devrait se résoudre avec le bouleversement social. La seconde, elle, introduit un distinguo entre les deux combats car, la femme cumulant « les aliénations (économiques et conjugales) » (p. 13), elle est en quelque sorte « le prolétaire de l’homme » suivant une formule bien connue. La troisième attitude consiste en une mise à distance. A travers des parcours comme ceux de la romancière et journaliste communiste Simone Téry (Angels Santa, p. 113), de la célèbre pacifiste Louise Weiss (Yaël Hirsch, p. 35) ou de l’antifasciste et antistalinienne allemande Alice Rühle-Gerstel, épouse méconnue du théoricien des Conseils ouvriers Otto Rühle, qui se suicida le jour où son mari mourut (Britta Jürgs, p. 133), le lecteur prend conscience de cette diversité des engagements. Des témoignages et des textes, extraits d’ouvrages ou articles, permettent d’entendre ces femmes, nombreuses à prendre la plume (on remarquera la proportion élevée de journalistes) pour faire connaître la situation en Espagne pendant la guerre civile, en Chine, en Allemagne soumise peu à peu au nazisme ou en U.R.S.S. On connaissait la vigueur d’une Andrée Viollis ou de Madeleine Jacob, mais beaucoup moins la figure de l’Américaine Agnès Smedley, qui passa treize ans de sa vie militante aux côtés des communistes chinois, et qui, dans son pays, fut ensuite accusée d’être une espionne communiste.

La dernière partie de ce numéro continue d’explorer les multiples facettes de Paul Nizan, face à Munich ou dans ses rapports avec le groupe surréaliste, dans une passionnante étude de Patrice Allain (p. 287). De nombreuses recensions de livres (près de 70 pages !) terminent ce volume. Le lecteur sensible aux approches diverses pourra comparer, à propos d’un certain nombre d’ouvrages, les comptes rendus de Dissidences et d’Aden. Signalons enfin que ce numéro est dédié à un des fondateurs de ce collectif des études nizaniennes, Maurice Arpin, auquel Anne Mathieu rend hommage.

Clio, n° 29, 16 juin 2009

1. Le rapport entre féminisme et communisme est ambigu, souvent difficile certes, mais parfois aussi productif. C’est ce que démontrent les contributions du numéro 6 d’Aden, revue publiée par le Groupe Interdisciplinaire d’Études Nizaniennes, consacré à cette thématique. L’approche choisie est biographique et littéraire. C’est d’abord à travers la trajectoire et les écrits d’actrices et d’acteurs historiques que sont abordées la question de la place des femmes et du féminisme dans le communisme et, dans le cas de Louise Weiss, celle aussi de l’influence du communisme sur son féminisme libéral. Sont ainsi présentées la journaliste Magdeleine Paz, la photographe Marie-Claude Vaillant-Couturier (dite “Marivo”), la romancière et journaliste Simone Téry, Alice Rühle-Gerstel, romancière, journaliste, psychanalyste et éditrice, Dolores Ibarruri, dite La Pasionaria, et Federica Montseny, toutes deux des dirigeantes du mouvement ouvrier espagnol. Deux textes se penchent sur les représentations des femmes et de leur corps dans le roman communiste à thèse d’inspiration réaliste-socialiste, chez Paul Nizan et Louis Aragon. Enfin, une dernière contribution reconstitue la formation, l’action et les positions des Mujeres Libres, mouvement féministe anarcho-syndicaliste espagnol à l’existence brève (1936-1939), mais d’autant plus remarquable par le radicalisme de ses positions.

2. Dans une deuxième partie du numéro sont rassemblés des textes et des témoignages de la première moitié du XXème siècle et plus particulièrement de l’entre-deux-guerres, qui ont paru dans la presse de gauche française, comme Ce Soir, Vendredi, Marianne, Russie d’aujourd’hui ou encore La Révolution prolétarienne. Si le choix porte d’abord sur des textes provenant d’intellectuelles, de militantes, de journalistes et de romancières françaises avec Suzanne Buisson, Maria Vérone, Raymonde Machard, Hélène Gosset, Andrée Viollis, Édith Thomas, Henriette Valet, Germaine Dulac, Henriette Nizan, Andrée Marty-Capgras, Madeleine Jacob ou encore la traductrice Denise Van Moppès, il comprend aussi des Américaines avec Janet Flanner, Agnès Smedley et Martha Gellhorn, ainsi que l’anarchiste Russe Ida Mett, née Gilman. Il s’agit de textes de femmes ayant accédé à la prise de parole publique, de sensibilités politiques diverses allant du républicanisme radical à la gauche libertaire. Deux grands thèmes organisent cette rubrique : la condition féminine et l’engagement. L’éventail des sujets est large, de la dénonciation de l’exploitation des femmes (et des hommes) dans le capitalisme et la répression exercée par des forces contre-révolutionnaires (comme le Kuomintang en Chine) au reportage ethnographique en passant par la critique de l’hypocrisie de nombreux militants de gauche face à l’égalité, la défense de l’U.R.S.S. et la prise de position en faveur de l’Espagne républicaine. Impossible de résumer tous ces écrits. Mentionnons simplement le texte d’Henriette Valet, intitulé « Maîtres et servantes », véritable protocole d’observation participante dans un bureau de placement de bonnes. De manière sobre, par la simple description des lieux et des modalités d’accueil et la retranscription des bavardages dans cette salle d’attente, se dessine un portrait saisissant de la violence quotidienne qui se joue dans ces structures de « domination rapprochée » que représente le rapport entre employées de maison et leurs patron(ne)s (1).

3. Ce que démontrent les diverses contributions biographiques, c’est que le communisme, s’il a procuré un vecteur pour l’engagement politique, a aussi pu offrir des opportunités d’expression intellectuelle, artistique et culturelle et donner accès à l’espace public à des femmes auxquelles la plupart des sociétés occidentales refusaient encore le droit de vote, mais aussi le statut de personnes politiques. Il a servi d’espace de rencontres stimulantes, de lieu de sociabilité ou simplement de pôle de référence. Sans pour autant que les conditions de réception d’une œuvre soient vraiment égales. D’ailleurs, pour certaines des femmes en question, c’est en tant qu’épouse, compagne ou amante qu’elles s’intègrent à ce milieu. Cela n’empêche pas qu’elles font souvent preuve d’une grande autonomie de pensée, comme c’est le cas d’Alice Rühle-Gerstel – née à Prague dans une famille juive assimilée, mariée à Otto Rühle, un des fondateurs du Parti communiste allemand en 1919, et amie de Milena Jesenska – qui s’efforce de lier la psychologie individuelle et le marxisme et rédige de nombreux textes sur l’émancipation de la femme. Cela dit, c’est surtout la lecture critique de son roman Der Umbruch oder Hanna und die Freiheit (La Révolution ou Hanna et la liberté), malheureusement toujours sans traduction française, qui nous fait découvrir une écrivaine de gauche sans œillères. Celle-ci ne recule pas devant la remise en question de l’évolution soviétique et du parti communiste. Le retour des valeurs « bourgeoises », la fidélité dans le mariage, la glorification de la vie de famille, l’interdiction de l’avortement, tout cela ne va-t-il pas mener au renvoi des femmes au foyer, se demande son héroïne en 1936. Ne faut-il pas quitter le P.C. si l’on veut défendre le socialisme ? Quitter oui, mais pour aller où ? Peu d’écrivains ont osé affronter ouvertement ces dilemmes de la gauche dans les années trente. Et encore moins à partir d’un point de vue féministe.

4. Les deux contributions sur les représentations féminines chez Nizan et Aragon illustrent l’ambiguïté doctrinale du rapport entre communisme et féminisme. Elle se cristallise dans la femme bourgeoise. Ennemie par sa classe, elle est pourtant aussi opprimée par son genre. Oisive, elle est l’image par excellence de ce qu’abhorre idéologiquement le communisme. C’est un parasite de la société. Elle jouit de ses capitaux et les fait mutuellement fructifier. C’est par son capital physique que souvent elle accède au capital tout court. Mais jeunesse et beauté passent et, avec l’âge, elle est renvoyée au fait qu’elle n’était in fine qu’un simple objet d’échange pour les hommes. Victime ou profiteuse ? Séductrice ou abusée ? La position des deux écrivains oscille, mais la réduction de la femme bourgeoise à sa sexualité en tant qu’épouse ou courtisane est fortement teintée de misogynie. A-t-elle sa place dans la lutte du mouvement ouvrier pour le projet d’une société nouvelle ? Aragon, dans son roman à thèse Les cloches de Bâle, ne parvient à trancher le nœud gordien que par un impératif volontariste : la femme doit adhérer au parti (communiste) pour réaliser son émancipation. Or, entre une Clara Zetkin, emblématique de la Femme Nouvelle, et les autres héroïnes, prisonnières de leur origine sociale, il n’y a pas l’esquisse d’une passerelle. Nizan, dans ses romans La Conspiration et Le Cheval de Troie, reste lui aussi prisonnier du schème femme bourgeoise représentante de la classe dominante – femme prolétarienne victime. Si le corps féminin y prend une place importante et qu’il y est décrit avec empathie, c’est d’abord à des fins militantes. Et les personnages féminins ne sont guère de véritables actrices pour elles-mêmes, le plus souvent elles sont simplement présentes aux côtés des hommes.

5. Le grand mérite de ce numéro est d’avoir rassemblé ces itinéraires et ces textes épars, souvent oubliés et difficilement accessibles sans de longues recherches en archives. Mais quels sont les critères de sélection ? Si les contributions sont presque toutes de haut niveau, on aurait néanmoins souhaité une introduction plus fouillée et Magdeleine Paz aurait mérité une présentation moins impressionniste. Dans l’ensemble, cet ouvrage volumineux défriche avec bonheur un terrain historiographique encore largement vierge. Gageons qu’il s’avèrera un outil de travail utile à toute recherche future sur féminisme et communisme. Notons aussi en passant l’utilité du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (DBMOF) qui sert de référence à de nombreuses notices biographiques de ces auteures.

Brigitte Studer.

(1) Dominique Memmi, « Mai 68 ou la crise de la domination rapprochée », in Dominique Damamme, Boris Godille, Frédérique Matonti, Bernard Pudal (Dir.), Mai-Juin 68, Paris, Éditions de l’Atelier, 2008, p. 35-46.

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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Aden 5 dans la presse

mai 24th, 2011

Courant alternatif, décembre 2006

A lire – Intellectuels, écrivains et journalistes

aux côtés de la République espagnole (1936-1939)

Chaque dix années en six, la guerre d’Espagne (ou la révolution selon le point de vue) donne lieu à diverses publications, rééditions et colloques. Malheureusement, il s’agit trop souvent de manifestations univoques destinées à faire revivre la geste quasi épique et mythique que chaque tendance s’est forgée au fil des ans. Beaux livres d’affiches ou de photos, exhibitions de quelques figures survivantes encadrées aux tribunes, recherches universitaires attachées d’abord à dépister la faille de celles qui les ont précédées pour se faire une place dans le monde des spécialistes, rien n’est, sans doute, totalement inutile, mais il s’agit trop souvent de puiser des arguments confortant les orientations présentes de leurs initiateurs.

Le numéro 5 de la revue ADEN n’est pas de cette facture, et c’est ce qui fait que les presque 600 pages qui le composent se lisent comme un bon roman. Ou se feuillettent même, car si on veut, on peut lire un texte, sauter le suivant, y revenir plus tard, après s’être promené au gré de ses envies et de ses intérêts, tout comme les auteurs – d’aujourd’hui comme d’hier – des trente ou quarante articles qui composent l’ouvrage nous promènent à travers ces quatre années espagnoles. Mais ce n’est pas n’importe quelle promenade ! C’est une promenade de piéton, une promenade de qui sait regarder et prendre son temps quand il le peut, autant que les balles et les prisons le permettent. Des piétons engagés qui décrivent leur voyage, comme Félicien Challaye, accompagné du député anglais Mc Govern, chargé d’enquêter sur la situation des prisonniers politiques antifascistes détenus dans l’Espagne républicaine. Rien à voir avec les voyages en jet des clercs d’aujourd’hui, tels BHL ou Kouchner qui, d’un coup d’ailes, mèche au vent ou sac de riz au dos, survolent un territoire, serrent quelques mains le temps d’un éclair, et en font des livres pour l’édification du peuple ! C’est là qu’on mesure le gouffre qui existe entre les intellectuels « engagés » de l’avant-guerre et ceux d’aujourd’hui.

Chez les premiers, et quelles que soient les critiques qu’on peut leur adresser globalement (soit de trahir leur fonction en quittant l’objectivité pour se mettre au service d’une cause, soit de rester aveugles à la réalité de classe du monde qui nous gouverne), il n’y a plus de frontières entre l’intellectuel, le journaliste et l’écrivain. Orwell, évidemment, Koestler, Bernier, Andrée Viollis, Bloch, etc. Quels que soient leurs errements parfois coupables, stalinien par exemple, leur naïveté, ils restent des êtres de chair et d’os et, la plupart du temps, ils ne sont pas loin d’appliquer la mise en garde d’Orwell : « Méfiez-vous de ma partialité, des erreurs sur les faits que j’ai pu commettre, et de la déformation qu’entraîne forcément le fait de n’avoir vu qu’un coin des événements » (Hommage à la Catalogne). Et même si ce n’est pas le cas pour tous les noms, célèbres ou moins, de la revue, leur lecture ici présente nous oblige à l’appliquer à nous-mêmes, tant les coins que nous visitons là nous sont inconnus ou inhabituels. Nous nous rendons compte, face à tous ces articles, souvent contradictoires, qu’à l’évidence la liberté, l’information, l’impertinence et la modestie ne passent plus de nos jours par la presse, ni par le reportage !

Les deux prochaines livraisons d’ADEN seront consacrées, en octobre 2007, à Féminisme et communisme, puis en octobre 2008 à Pacifisme et antimilitarisme. Si elles sont de la même facture, et pourquoi ne le seraient-elles pas ?, cela vaut le coup de s’abonner.

J.-P.D.

Vient de paraître, janvier 2007

GROUPE INTERDISCIPLINAIRE D’ÉTUDES NIZANIENNES Aden - Paul Nizan et les années trente n° 5 :  Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) [G.I.E.N., octobre 2006, 566 p., 25 €, ISSN : 1638-9867. Illustrations de Jean-René Kerézéon.]

Le dernier numéro de la revue Aden explore l’attitude des intellectuels lors de la guerre d’Espagne. On retrouvera avec intérêt la rubrique « Articles sur… » traitant notamment de George Orwell, Louis Aragon et André Malraux ; la rubrique « Témoignages et textes retrouvés » et différents « Comptes rendus » de lectures et de cinéma. À ne pas manquer : l’article de Jean-François Petit, « Paul Nizan et Emmanuel Mounier dans la contestation de la philosophie universitaire des années trente », et celui de Gilles Vergnon, « “Bellicistes” de gauche : Paul Nizan et les intellectuels antimunichois ».

A Contretemps, janvier 2007

ADEN, numéro 5, octobre 2006, « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) », Nantes, 2006, 566 p.

Éclectique, ce numéro de la revue Aden offre quelques contributions intéressantes – sur Orwell et Koestler (Eva Touboul-Tardieu) et sur le P.O.U.M. (Miguel Chueca), notamment – et des témoignages et textes de qualité (Jean Bernier, Alfred Rosmer, Félicien Challaye, Augustin Souchy, Charles Ridel). On y trouve également une rubrique fournie de notes de lecture sur des parutions récentes.

Dissidences, 26 janvier 2007

Pour le numéro 5, numéro spécial qui ressemble à un livre collectif et non à une revue, tant par la richesse de ses contributions que par son volume, c’est « cette terre d’Espagne, qui condensa en trois années tous les maux et tous les espoirs du siècle denier » (A. Mathieu, p. 11) à travers la guerre civile, du côté des intellectuels, qui en constitue le motif. Pas moins de dix-huit contributions, une partie composée de témoignages et de documents ainsi que des comptes rendus d’ouvrages et de films présentent les principaux aspects des engagements intellectuels, sans exclusive : tous les courants idéologiques émancipateurs sont représentés, les communistes orthodoxes, les dissidents, les socialistes, les libertaires ou les simples antifascistes. On regrettera, sans doute, le minimalisme de la partie iconographique, réduite à quelques reproductions : affiche du P.O.U.M,. hélas non référencée (p. 15), couvertures de brochures ou « Une » de journaux, photographie de W. Reuter en 4è de couverture.

Un article de François Guyot sur Orwell, qui fait de son expérience espagnole la matrice de son antitotalitarisme, débute l’ensemble. Plutôt convenue, cette contribution a le tort, à propos de Marty, de continuer à adhérer à la «légende noire » du « boucher d’Albacete », alors que l’ouvrage de référence de Rémy Skoutelski de 1998 sur les Brigades internationales, L’espoir guidait leurs pas (Grasset), avait remis à leur juste place ces accusations issues pour partie de faux ou d’exagérations, et aucunement de sources avérées et fiables, mise au point réitérée en 2005 dans André Marty. L’homme, l’affaire, l’archive, de Paul Boulland, Claude Pennetier, Rossana Vaccaro (Dir.) aux éditions du Codhos.

Ensuite, plusieurs articles évoquent la place de la guerre d’Espagne pour les écrivains espagnols, belges (Matthieu Corman, Achille Chavée) ou français (Prévert et Aragon). Avant une série de textes sur les reportages écrits ou photographiques, Miguel Chueca présente une « autre mémoire républicaine », celle du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (P.O.U.M.) à partir d’un ouvrage espagnol (non traduit) d’un ex-militant poumiste décédé en 2005, Ignacio Iglesias. Les reportages de Paul Nizan en Espagne, entre juillet 1936 et juillet 1937, pour L’Humanité, Ce soir et Regards forment la trame de la communication de Anne Mathieu (directrice de publication de Aden), avec de très nombreux extraits de ses articles. Le livre de Jean-Richard Bloch Espagne, Espagne !, dont il déclarait être le plus fier, les engagements de l’écrivain André Chamson, de la journaliste Andrée Viollis, tous deux de l’hebdomadaire Vendredi et celui de Saint-Exupéry, qui passe d’un neutralisme de bon aloi à une sympathie affichée pour la cause républicaine, à partir d’une certaine idée qu’il se faisait du rôle de l’écrivain, sont analysés respectivement par Carme Figuerola, Pierre-Frédéric Charpentier, Anne Renoult (auteure de Andrée Viollis. Une femme journaliste, Presses de l’Université d’Angers, 2004) et Olivier Odaert.

Enfin, la dernière partie est consacrée aux producteurs d’images, les photographes Robert Capa et Gerda Taro (par Michel Lefebvre), le dessinateur espagnol Helios Gomez (Gabriel Gomez et Caroline Mignot) et les cinéastes Malraux (L’Espoir), Joris Ivens (Terre d’Espagne) et William Dieterle (Blockade avec Henri Fonda), évoqués par Pierrick Lafleur. Parmi les textes retrouvés ou les témoignages, présentés par Charles Jacquier et Anne Mathieu comme une nécessité pour à la fois équilibrer le recueil, d’où l’importance accordée à des écrits libertaires, peu présents dans les articles précédents, et donner un «accès direct à des textes d’époque » (p. 376) ; citons, par exemple, celui d’un militant atypique, et de ce fait largement ignoré, Jean Bernier (p. 379-393), le témoignage d’un délégué de la célèbre Colonne de fer (C.N.T./F.A.I.) opposé à leur militarisation (p. 430-433) ou bien, last but not least, un reportage de Paul Nizan au quartier général des Milices, à Barcelone, paru dans l’hebdomadaire Regards du 20 août 1936 (p. 461-463).

Les notes de lectures rendent compte des principaux ouvrages parus sur le sujet, qu’il s’agisse de romans, d’essais militants ou d’ouvrages spécialisés. Au final, si l’on regrette l’absence d’une bibliographie, on ne peut que féliciter l’équipe de chercheurs du G.I.E.N. (Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes, Nantes) d’avoir, par l’élargissement de leur focale (Nizan) contribué à une meilleure connaissance de la diversité des engagements intellectuels aux côtés des Républicains espagnols, même si l’absence, par exemple, du continent américain, constatée et regrettée par le collectif de la revue, lui donne ainsi l’occasion de projeter une autre livraison… dans un futur proche !

Christian Beuvain.

Le Monde, 16 février 2007

« Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole (1936-1939) »

AU FIL DES REVUES

« Aden », la guerre d’Espagne et Paul Nizan

« NE RÊVEZ PLUS qu’à l’Espagne » : l’appel lancé par Aragon à ses « frères écrivains et artistes » en novembre 1936 dans la revue Europe a été entendu. Peu de causes, en effet, auront, au XXème siècle, autant mobilisé les intellectuels européens que la guerre civile qui ensanglanta l’Espagne entre 1936 et 1939. C’est à cet aspect du conflit, et plus précisément à l’engagement des intellectuels aux côtés des républicains espagnols, qu’est consacré le dernier numéro d’Aden, une revue qui, une fois par an depuis 2002, rend compte des recherches consacrées à l’écrivain et journaliste Paul Nizan (1905-1940).

Exceptionnel par sa taille et remarquable par la qualité de la plupart de ses contributions, ce numéro s’imposait tant les articles que l’auteur d’Aden Arabie a consacrés à la guerre d’Espagne sont nombreux. Grâce à Anne Mathieu, qui pilote la revue et édite par ailleurs les écrits journalistiques de Nizan (1), on lira ici quelques extraits des articles rédigés par Nizan à l’époque. Des textes publiés principalement dans les quotidiens communistes L’Humanité et Ce soir, où l’exaltation des « héroïques combattants de la liberté » se mêle à la dénonciation de l’« étrange faiblesse de la Grande-Bretagne et de la France qui croient que le meilleur moyen de conserver la paix est de fermer les yeux ».

Comme dans les numéros précédents, Aden a ouvert ses pages à des figures autres que Nizan, qui ont marqué la vie intellectuelle des années 1930. Du communisme orthodoxe d’un Aragon à l’humanisme non partisan d’un Prévert ou d’un Saint-Exupéry, en passant par les différentes composantes – anarchiste, trotskiste ou libertaire – de l’extrême gauche antistalinienne, on retrouvera ici les principaux courants de pensée qui soutinrent la cause républicaine. Une absence, toutefois : celle des catholiques de gauche qui, tel Emmanuel Mounier, s’engagèrent dans le combat anti-franquiste (le fondateur d’Esprit est évoqué, mais hors du dossier « guerre d’Espagne », dans un bel article consacré aux critiques de Mounier et de Nizan contre l’enseignement de la philosophie à l’Université).

A travers l’évocation de ces itinéraires individuels, le lecteur comprendra que la guerre d’Espagne fut non seulement une cause d’engagement, mais aussi un moment propice aux prises de conscience. Ce dont témoignent les cas – déjà connus mais réexaminés ici – de George Orwell et d’Arthur Koestler, qui quittèrent l’Espagne sans illusions sur la nature du stalinisme. Ou encore celui d’André Chamson, qui comprit, avant les accords de Munich (1938), que le pacifisme intégral n’était pas la bonne réponse au fascisme.

On recommandera enfin une riche étude sur la poésie populaire de la guerre civile, ainsi que deux beaux portraits de femme : celui d’Andrée Viollis, qui avait été l’une des premières journalistes à dénoncer l’oppression coloniale et qui rapporta d’Espagne des reportages magnifiques, et celui de la photographe Gerda Taro, compagne de Robert Capa, amie de Nizan, morte sur le front, pendant la bataille de Brunete, en juillet 1937.

THOMAS WIEDER

(1) Articles littéraires et politiques, quatre volumes au total. Le premier (les années 1923-1935) est sorti en 2005 aux Éditions Joseph K.

Gavroche, avril-mai-juin 2007

ADEN (PAUL NIZAN ET LES ANNÉES TRENTE) « Intellectuels, écrivains et journalistes aux côtés de la République espagnole 1936-1939 » n° 5, 2006, 560 p., 25 € //paul.nizan.free.fr/ADEN.htm

Dans une première partie de l’imposant numéro spécial sur la guerre d’Espagne de la revue d’études nizaniennes, différents intervenants évoquent les auteurs de plusieurs nationalités mobilisés en faveur des républicains. George Orwell, Arthur Koestler, John Dos Passos, partis combattre le fascisme par idéal socialiste ou communiste, découvrent en Espagne le totalitarisme stalinien et la duplicité des nations « démocratiques » : « Il s’était établi depuis quelques années, note Koestler dans Un testament espagnol, une tradition selon laquelle les dictatures agissaient et les démocraties protestaient. C’était là une division du travail qui paraissait contenter tout le monde. »

Concernée au premier titre, l’intelligentsia ibérique soutint en majorité la Deuxième République. Elle suscite l’émergence de talents dans toutes les couches de la société : « Ton fusil / doit aussi se charger d’encre / contre la guerre civile ». Ainsi, dans l’hebdomadaire El Mono Azul, créé par le poète Rafael Alberti et ses compagnons de la Alianza de intelectuales antifacistas, les écrits d’artistes expérimentés côtoient ceux d’ouvriers et de paysans débutants.

En France, la poésie pro-républicaine compte Jacques Prévert et le groupe de théâtre d’agit-prop “Octobre”, dès l’insurrection des Asturies en 1934 : « En Espagne / dans les Asturies / c’est la Révolution / les mineurs rouges se battent et meurent / pour la terre / pour le pain / pour la liberté ».

Les œuvres des photographes Gerda Taro et Robert Capa illustrent cet engagement de l’élite artistique bien au-delà de la défaite de 1939.

Aden s’intéresse aussi aux auteurs belges francophones : Matthieu Corman, Achille Chavée, Paul Nothomb. Comme leurs homologues français, Jules Supervielle, André Chamson, Claude Simon ou Saint-Exupéry, ils s’impliquent de façon militante ou humaniste dans le conflit.

La deuxième partie, « Témoignages et textes retrouvés », s’oriente sur des points de vue libertaires plus déterminés. Ces analyses sans concession expliquent sans doute leur confidentialité. Jean Bernier, auteur de La Percée (1920, rééd. Agone, 2000) sur la guerre de 1914-1918, analyse dès décembre 1936 les tenants et les aboutissants internationaux de ces événements. Pour sauver l’Espagne et eux-mêmes du fascisme, il presse les révolutionnaires européens afin qu’ils se retournent contre leur propre bourgeoisie. Par défaut, il anticipe la suite exacte du processus : « Sur la momie de Lénine et de la révolution d’octobre, sur le cadavre mort-né de la révolution espagnole, le banditisme impérialiste, dans le sang de millions d’ouvriers et de paysans triomphe une fois de plus du prolétariat international. »

La dénonciation des exactions des agents soviétiques se retrouve dans le journal de voyage de Félicien Challaye, un pacifiste venu à la fin de juin 1937 à Barcelone pour y faire libérer les prisonniers politiques des « fascistes moscoutaires », et dans la préface d’Alfred Rosmer pour le livre de Katia Landau, Le stalinisme en Espagne. Autre témoignage, les souvenirs d’Augustin Souchy qui voit son rêve de communisme libertaire devenir réalité dans de nombreuses zones agraires de la péninsule. De sa participation aux événements d’Espagne, il garde un regret : « Et si nous avions gagné la guerre civile, alors le collectivisme espagnol serait aujourd’hui une troisième alternative entre le capitalisme privé d’une part et le capitalisme d’État de l’autre ». Justement cela même que les impérialismes «démocratiques » ou totalitaires voulaient empêcher au prix d’une Deuxième Guerre mondiale.

Un chapitre sur les films d’époque tournés par Malraux, Ivens, Dieterle et d’importants comptes rendus  (livres et films) complètent l’apport bibliographique de ce dossier sur la guerre d’Espagne.

La connaissance arme la révolte. De là vient la haine du fascisme envers la culture et le goût du capitalisme pour les analphabètes. Malgré l’échec annoncé de toute révolution radicale sur la durée, « oui,  pourquoi renoncerait-on à l’absolu au nom d’un réalisme qui n’est qu’une suite de démissions et d’oublis sur le chemin de la raison et de la vie ? » (Jordi Bonnels)

H.F.

Le n°5 d’Aden a aussi été évoqué dans Le Monde diplomatique de décembre 2006.

On peut entendre une interview de Anne Mathieu par Eva Vamos sur Radio Budapest (http://real1.radio.hu/nemzeti.htm ; 2 janvier 2007).

Et une autre, par Benoît Ruelle, dans son émission  ,« Idées » sur Radio France Internationale, le 22 avril 2006 (www.rfi.fr).

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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Aden 4 dans la presse

mai 24th, 2011

Le Monde diplomatique, novembre 2005

Aden. Paul Nizan et les années trente. Cette publication annuelle revient sur le centenaire de Paul Nizan et évoque ceux de Jean-Paul Sartre et d’Arthur Koestler. Des articles sont consacrés au roman de Nizan, Antoine Bloyé, et à son célèbre essai Aden Arabie, préfacé par Sartre qu’inspirait, comme l’analyse un autre article, l’« ombre dévorante et évanescente » de Nizan.

Presse-Océan, 23 décembre 2005

La revue Aden célèbre les centenaires de Nizan, Sartre et Koestler

Le numéro 4 de la revue Aden. Paul Nizan et les années 30 revient sur le centenaire de l’écrivain et évoque aussi ceux de Jean-Paul Sartre et d’Arthur Koestler.

Au fil des ans, la revue Aden (créée en 2002 par le Groupe Interdisciplinaire d’Etudes Nizaniennes) s’enrichit, aussi bien sur le fond que sur la forme. La maquette du dernier numéro a ainsi été modifiée. Elle propose une thématique et met en valeur les dessins de Jean-René Kerézéon, illustrateur nantais. Plusieurs images en noir et blanc agrémentent la lecture, allègent les propos et prêtent à sourire, à l’instar de celle invitant à « ne pas confondre Aden et A.D.N, merci… » !« Je n’ai pas de ligne directrice pour les dessins, j’essaye d’ajouter un peu de sel et de humour», souligne l’illustrateur, qui a rejoint la direction de la revue avec Pierrick Lafleur, responsable des comptes rendus. « Tout le monde peut écrire, universitaires ou non. Si des gens le souhaitent, à partir du moment où l’article est bon, on le publie. Préalablement, on discute du sujet. Nous avons une volonté d’ouverture. Cela permet aussi de varier les points de vue des gens, issus de différents milieux sociaux », explique-t-il.

Articles, comptes rendus, notes de lecture …

Dans cet esprit, en plus de spécialistes, un postier, une psychiatre, des éditeurs, un ingénieur… ont collaboré au dernier numéro d’Aden, qui célèbre les centenaires de Nizan, Sartre et Koestler.

Plusieurs articles sont ainsi consacrés à Paul Nizan et Jean-Paul Sartre (notamment pendant la Drôle de Guerre), à l’existentialisme et au communisme face au surréalisme et à Sartre au Havre, dans les années 30. Anne Mathieu, directrice de la revue, publie pour sa part deux articles, le premier sur l’« ombre évanescente de Nizan sur Sartre », le second sur « Nizan critique littéraire à Monde en 1935 ».

Parallèlement, Maurice Arpin (rédacteur en chef d’Aden) s’intéresse à « Antoine Bloyé : Intertextualité au service de la Révolution », Nicolas Surlapierre aux « Arts et métiers depuis Nizan », Claude Herzfeld à « L’esprit de système dans Aden Arabie », Alain Flajoliet à « Nizan et la critique du spiritualisme universitaire », Michael Löwy à « Claude Cahun, franc-tireur surréaliste » et John Parkin à « Arthur Koestler en Espagne ».

Des comptes rendus cinématographiques et des notes de lecture liées aux années 30 complètent cette revue de 358 pages, bien accueillie au Salon de la revue de Paris où elle a été présentée en octobre.

S.G.

Dissidences, 26 janvier 2007

Si l’on fait exception du texte plutôt décalé de Claude Herzfeld, d’une tonalité très anticommuniste, qui fait de Nizan un « chien de garde » du stalinisme et un annonciateur, pas moins, des Khmers rouges de Pol Pot (p. 107-108), on retiendra surtout l’article de Anne Mathieu sur la période très polémiste de Nizan dans Monde, à un moment (1935) où cet hebdomadaire fondé par Henri Barbusse épouse une ligne idéologique très orthodoxe : Henri Massis, Drieu La Rochelle, André Maurois l’apprennent à leurs dépens, mais également Panaït Istrati, parce qu’il s’éloigne alors du communisme. L’auteure montre bien que Paul Nizan applique à la lettre la sentence suivante : « Nous vivons dans un temps qui presse chacun de choisir une position politique » (article du 1er août 1935, cité p. 142).

Quelques vingt-cinq années plus tard, en 1960, la même virulence anime Jean-Paul Sartre, préfaçant Aden Arabie de Nizan (publié en 1931) et s’engageant, dans le même temps par la parole, l’écrit ou les actes, en faveur des luttes de décolonisation. On peut parler, alors, effectivement d’une « ombre dévorante » (titre de la communication d’A. Mathieu, p. 193- 209) de Nizan sur Sartre lorsque celui-ci dénonce la gauche, « ce grand cadavre à la renverse, où les vers se sont mis. Elle pue cette charogne » (préface à Aden Arabie, cité p. 196). Une très stimulante réflexion de Régis Antoine sur les catégories de « peuple» et de « prolétariat », et un portrait, par Michaël Löwy, de l’artiste surréaliste, lesbienne, trotskyste, provocatrice en diable (tête rasée peinte en rose, habits d’homme) Claude Cahun, arrêtée et déportée en juillet 1944 par les nazis pour distribution de tracts antifascistes aux soldats allemands ont également retenu mon attention. Des comptes rendus de lectures et de films terminent cette livraison d’octobre 2005.

[La mise en ligne de cette revue de presse est due à Thierry Altman]

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