La revue ADEN est en danger ! En savoir plus.

Arrow up
Arrow down

« Que pas une de nos actions ne soit pure de la colère » (Aden Arabie, 1931)

Revue ADEN

ADEN 15
ADEN 15

Février 1934 et les écrivains français
* n° 15 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (novembre 2016) [ ... ]

ADEN 14
ADEN 14

Amour et lutte des classes * n° 14 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (octobre 2015) *
 

ADEN 13
ADEN 13

Faire la révolution ? n° 13 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (octobre 2014)    

 

boutique paul nizan

Presse

Le Monde diplomatique, février 2017

DANS LES REVUES

ADEN – PAUL NIZAN ET LES ANNÉES TRENTE.

        Un dossier consacré aux journées de février 1934 et aux réactions des écrivains français. Également, la réception critique de l’essai de Paul Nizan,Les Chiens de gardeen 1932. (N° 15, octobre, annuel, 26 euros. — Nantes.)

Le Matricule des anges, février 2017

Aden N° 15 (Février 1934 et les écrivains français), 274 pages, 26 €

"Paul Nizan et son temps"

            Le fascisme menace : las des scandales de corruption répétés, ayant perdu toute confiance dans des élites coupées du peuple, des émeutiers (petits bourgeois, ligueurs, anciens combattants...) attaquent la Chambre des députés, le 6 février 1934. Les gardes républicains débordés font feu : une vingtaine de tués et plusieurs centaines de blessés sont le lourd bilan de ce que certains dénoncent alors comme une tentative de coup d’état. Le 12 février, l’appel à la grève générale et les énormes manifestations qui réunissent la CGT, la SFIO et le PCF apparaîtront a posteriori comme l’acte de naissance de ce qui deviendra le Front Populaire. Ce riche numéro de la revue Aden, consacrée à l’œuvre de Paul Nizan (1905-1940), montre bien le traumatisme que représenta pour certains écrivains cette semaine funeste et comment ils durent y faire face. Des analyses et des textes retrouvés nous permettent ainsi de découvrir un roman oublié d’André Chamson, La Galère, « parabole antifasciste », les interprétations naturellement divergentes entre, d’un côté, Brasillach et Drieu La Rochelle et, de l’autre, Aragon, André Wurmser et Jean Prévost, ou encore l’échange polémique entre Ramon Fernandez et François Mauriac. Nous assistons également à la naissance du célèbre Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes. Tandis que la rubrique consacrée à Nizan étudie la réception de son pamphlet (anti)philosophique Les Chiens de garde, de copieuses notes critiques reviennent sur les thèmes abordés dans les précédentes livraisons de la revue. Les années 30, on le voit, nous parlent encore.

                                                                                                                      Thierry Cecille

Le Monde diplomatique, décembre 2015

DANS LES REVUES

ADEN – PAUL NIZAN ET LES ANNÉES TRENTE. Autour du thème «Amour et lutte des classes», plusieurs contributions évoquent «l’amour, entre échappatoire et reproduction du modèle conjugal bourgeois», et les rapports entre communisme et sentiment amoureux. (N° 14, octobre, annuel, 26 euros. — 11, rue des Trois-Rois, 44000 Nantes.)

Ent'revues. Le journal des revues culturelles, 4 novembre 2014

Aden n° 13, octobre 2014

« Faire la Révolution ? »

Faire la révolution? La question court d’études, en documents et comptes rendus sur près de 200 pages dans le dernier numéro (13), gansé de rouge, de la revue Aden, Paul Nizan et les années 30. Mais, en ces années 30, quelle serait sa forme parmi les différents courants de la gauche qui la portent et sous la menace de sa captation par une droite non moins radicale? Quelle Révolution depuis qu’à l’est de l’Europe le ciel s’est embrasé ? Puis quand le pacte germano-soviétique laisse aux rêves le goût de cendres? Quand en Espagne, c’est l’espoir, le combat éperdu, puis le deuil ? Pour une large part, le travail de cette livraison consiste à suivre le cheminement de figures intellectuelles, leurs aspirations et leurs doutes, leur engagements comme leurs questions : Simone Weil («chérir et critiquer la Révolution») ; Emmanuel Mounier pour une révolution personnaliste ; l’engagement précoce, la conviction marxiste, le soutien à la république espagnole, les déceptions de la gauche au pouvoir figeront en communisme orthodoxe le philososoviétisme de Valentin Feldmann, philosophe tué par les nazis en 1942. Et ces quatre anarchistes – Pierre Besnard, Nicolas Lazarevitch, André Prudhommeaux et Charles Ridel – qui ne cessent de mettre la pensée de la Révolution au travail, en particulier dans leur revue Révision (prégnance des revues dans ce numéro) : « Il est temps de réviser l’ensemble de nos conceptions sociales et révolutionnaires par une étude fraîche de la réalité d’hier et d’aujourd’hui » ou encore «  Il serait temps de dire ce que l’on pense et de penser ce que l’on dit. Première révolution à accomplir chez les révolutionnaires ». C’était en avril 1938 : déjà bien tard dans le siècle…

Échappée dans le romanesque (Louis Guilloux et Le Jeu de patience) et nombre de textes retrouvés, souvent puisés dans des revues, nourrissent la «révolution permanente» d’Aden : Louis Marty dans les Cahiers du bolchévisme, E. Bauer dans La Lutte des classes, revue théorique mensuelle de la Ligue communisme, Louis Leibrich dans Esprit : « Le mot de révolution ne nous fait pas peur, celui de réformisme ne doit pas nous effrayer davantage, tout chargé de mépris qu’il est. S’il convient d’entretenir en nous un état permanent de nouvelle conscience, ne nous mettons pas à trembler automatiquement dès qu’on on accuse de réformisme. Cette expression, ne recouvre-t-elle que des réalités méprisables ? » Autre point d’interrogation qui ricoche sur celui qui donne son titre au volume. Entre les deux, et depuis le brasier des années 30, un même énoncé, des combats et un espoir : « la possibilité renouvelée d’un avenir meilleur.»

                           Marc Norget 

Consultable sur : http://www.entrevues.org/aufildeslivraisons/faire-revolution-aden-n13/

Le Monde diplomatique, novembre 2014

DANS LES REVUES

ADEN – PAUL NIZAN ET LES ANNÉES TRENTE. Autour du thème «Faire la révolution?», l’analyse des réflexions de Simone Weil et d’Emmanuel Mounier; un retour sur les grèves de juin 1936 en France et celle des mineurs espagnols en octobre 1934; la réception critique d’Aden Arabie.

Cahiers Simone Weil, décembre 2014, pp. 365-367.

ADEN, Paul Nizan et les années 30, « Faire la révolution ? », n° 13, octobre 2014, 316 p.

L’excellente revue Aden, publiée par le Groupe interdisciplinaire d’études nizaniennes, consacre un dossier passionnant à une question que pouvaient se poser « nombre d’intellectuels, d’ouvriers, de militants divers à la fin des années 30 » : Que reste-t-il de notre Révolution ? (Anne Mathieu & Gilles Vergnon, Avant-propos, p. 9). Cette révolution pour laquelle ils avaient œuvré par la plume, par le combat, « cette révolution en laquelle ils avaient cru, par-dessus tout ». Cette révolution, ou plutôt « ces révolutions » corrigent les A. de l’Avant-propos, tant le « terme même fut l’objet de dissensions » et de « mécanisme d’appropriation ». Quelle révolution faire ?

Simone Weil devait évidemment faire partie de ces intellectuels et militants concernés par la question, et elle occupe une place de choix, en ouverture du collectif, grâce à l’étude de Charles Jacquier : « Simone Weil : chérir et critiquer l’idée de révolution » (pp. 13-27). Après une restitution du contexte dans lequel est posé le problème de la révolution entre les deux guerres, Jacquier observe que S. Weil fut « en total décalage avec la doxa qui domine chez les intellectuels de gauche de sa génération » (p. 15). Favorable initialement à une « forme de révolution proche des idées du syndicalisme révolutionnaire d’avant 1914 », elle critique radicalement le régime soviétique et, confrontée aux changements sociaux qui ont suivi la première guerre, elle « aboutit à une remise en cause des idées de révolution et de progrès, sans pour autant se rallier à la marche du monde tel qu’il va » (ibid.). C’est à cette évolution rapide et sensible que l’A. consacre l’essentiel de son article. S. Weil chérit l’idée de révolution, dès son adolescence, mais elle eut très vite des sympathies pour les courants de pensée « révolutionnaires indépendants », comme celui que défendait La Révolution prolétarienne. Aussi Jacquier cherche-t-il à faire comprendre d’abord « ce qu’elle critique avant d’insister sur ce qu’elle prône » (p. 17). Et ce qu’elle critique, c’est toute conception qui reste fascinée par les prestige de l’État soviétique oppressif ; c’est toute conception appuyée sur une « philosophie » comme celle de Lénine et sur une « organisation de propagande aux mains de la bureaucratie d’État russe ». Jacquier rapplle que S. Weil « espérait dans l’action des syndicats et non dans celle des partis politiques » (p. 19) afin – dans les termes mêmes de S. Weil – de rétablir la domination du travailleur sur les conditions de travail, sans détruire la forme collective que le capitalisme a imprimée à la production ». S. Weil, au fond, a d’abord distingué deux conceptions de la révolution : celle des partis communistes et la conception du syndicalisme révolutionnaire ; celle de la révolution comme « triomphe de l’irrationnel » - à la façon de Bataille – et la sienne propre, comme « action méthodique » (p. 21). Ce qui la conduisit à passer d’une opposition entre deux conceptions de la révolution à un « renoncement dans le déchirement », mais un déchirement qui provenait plus d’une situation défavorable que d’un « renoncement à des idées auxquelles elle continuait de croire ». (pp. 22 sq.).

Le lecteur ne manquera pas, pour mieux percevoir le contexte dans lequel vécut et pense S. Weil, de lire les articles consacrés à Mounier, à Lazarevitch et Prudhommeaux, aux grèves de 36…

Dans la rubrique des comptes rendus, Charles Jacquier livre encore un véritable dossier au sujet d’éditions nouvelles d’écrits de S. Weil. D’abord par une recension (pp. 247-248) de l’édition de L’Enracinement publiée dans les Œuvres complètes de S. Weil (Gallimard, 2013) ; puis par un compte rendu groupé de L’Iliade ou le poème de la force (paru aux éd. Rivages et aux éd. de l’éclat, 2013) et de L’Inspiration occitane (éd . de l’éclat, 2013) (pp. 248-249). Suit une recension de La Révolte des Ciompi (un soulèvement prolétarien à Florence au XIVe siècle[1] [paru dans le n° de mars 1934 de La Critique sociale]), CMDE/Smolny, 2013 (p. 249). L’A. donne encore un compte rendu groupé du Cahier de l’Herne (N° 105, 2014) consacré à Simone Weil (cahier « qui fait entrer la philosophe dans le panthéon des auteurs de cette prestigieuse collection »), de l’édition, chez le même éditeur (collection « Carnets »), de Conditions premières d’un travail non servile et de Conversations avec Trotski, ainsi que de la Note sur la suppression générale des partis politiques ; Enfin, Charles Jacquier évoque la réédition en collection de poche (éd. Du Seuil, « Points essais », 2014) de Simone Weil. Le courage de l’impossible, par Christiane Rancé (pp. 249-251).

Simone Weil, « rendue à son milieu intellectuel d’origine », est encore citée par Charles Jacquier (p. 256), dans son compte rendu du livre de Daniel Aïache, La Révolution défaite. Les groupements révolutionnaires parisiens face à la révolution espagnole, paris, éd. Noir & Rouge, 2013.

Il était bien naturel que Charles Jacquier fût encore à l’honneur, au sein de ce très beau numéro de la revue Aden, dans la recension (par F. Szabo) du collectif Radicalité : 20 penseurs vraiment critiques (Montreuil, l’échappée, 2013), dans lequel on peut lire l’article qu’il a consacré à Simone Weil (voir CSW, juin 2014, pp. 176-177)

Robert CHENAVIER

 

 


[1] Voir le CR de cette édition, donné également par Charles Jacquier, dans les CSW de set. 2014, pp. 271-272.

 

France-Culture, 28 octobre 2013

"L'Essai et la revue du jour" | 13-14

Revue Aden n°12 (Paul Nizan et les années 30) Dossier "La plume contre le fascisme (1930-1935)"

La mobilisation des écrivains face à la montée du fascisme en Europe dans la première moitié des années 30, une période moins connue que celle qui lui succède et dans des pays d’Europe de l’Est ou du Sud, comme la Hongrie, la Pologne, l’Espagne ou le Portugal, avec pour la France un retour sur le roman historique de Jean Cassou Les Massacres de Paris, qui réquisitionne la mémoire de la Commune de Paris pour faire face au présent (Alexis Buffet), ou la contribution d’Anne Mathieu sur l’engagement des intellectuels français et en particulier de Paul Nizan en faveur du Négus Hailé Sélassié d’Ethiopie devant l’invasion de son pays par l’Italie de Mussolini.
L’intérêt de cette livraison réside également dans les nombreux textes de l’époque, rassemblés dans un cahier documentaire, "Textes et témoignages retrouvés".

"« La peste brune a passé par là », écrit Daniel Guérin dans sa remarquable série de reportages sur l’Allemagne nazie, publiée dans le quotidien de la S.F.I.O. Le Populaire entre le 25 juin et le 13 juillet 1933. Moment où les bottes bruissent avec une puissance singulière, mais que peu interprèteront dans sa gravité véritable. Moment que l’on retient avant tout, alors que l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler en Allemagne s’effectue dans un contexte européen propice depuis une grosse décennie à l’envahissement fasciste – sous quelque forme qu’il prenne.

Vient, d’ailleurs et ensuite, l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie en octobre 1935, inaugurant une ère de conquêtes territoriales qui ne cesseront de se poursuivre à partir de cette date, l’Allemagne nazie prenant ensuite le relais en Europe. La « montée des périls », célèbre expression provenant du titre d’un des volumes des Hommes de bonne volonté de Jules Romains paru en 1935, recouvre donc une réalité bien plus ancienne. Simplement la « ruée des hommes bottés » (Magdeleine Paz) commence à atteindre un rythme infernal qui ne la quittera plus… Anne Mathieu, directrice de la publication."

Jacques Munier

 

Dissidences, décembre 2013

La lutte antifasciste ne débute pas dans la seconde partie de la décennie des années trente. Des prises de position qui avertissent du danger se font entendre avant. C'est cette période, 1930-1935, qu'a choisie la revue Aden pour ce volume, le douzième, édité par les éditions Encrage depuis le précédent numéro. Est-ce le peu de recherches et/ou d'intérêt pour cette période qui réduisent les articles de fond à cinq ? Les contributeurs présents se sont intéressés à trois pays, l'Allemagne, le Portugal (la plupart du temps oublié lorsqu'on traite des menaces puis des dictatures fascistes dans l'entre-deux-guerres) et la France. Mathilde Lévêque, dans sa contribution (« La plume contre le nazisme dans l'écriture des romans pour la jeunesse en Allemagne (1930-1935) ») remarque la rareté et l'isolement de ces écrits, que ce soit les romans – un seul dénonce expressément la montée du nazisme, celui d'Adrienne Thomas, Katrin, die Welt brennt ! – les histoires illustrées ou les textes radiophoniques, exception faite pour la presse communiste qui tente de contrer l'investissement massif de la littérature enfantine par les nazis. Georges Da Costa (« L'écrivain-journaliste portugais José Rodrigues Miguéis face à l'installation de la dictature de Salazar ») retrace le parcours de cet opposant au salazarisme, de l'opposition républicaine au communisme. Il introduit le marxisme « sur la scène intellectuelle portugaise [...] en 1930 » ainsi que le néo-réalisme, « traduction portugaise du réalisme socialiste » soviétique. Exilé aux États-Unis, il s'éloigne ensuite du communisme. Une contribution précieuse sur un écrivain dont l'œuvre fictionnelle (romans, théâtre, contes, nouvelles etc.) demeure non traduite en France. Pour l'hexagone, Sophie Kurkdjian donne un aperçu des enquêtes du magazine Vu de Lucien Vogel sur l'Allemagne et l'Italie, Alexis Buffet analyse un roman historique antifasciste de Jean Cassou, Les Massacres de Paris (1935) et Anne Mathieu, la directrice d'Aden, examine les 33 articles de Paul Nizan sur le conflit italo-éthiopien, dans L'Humanité. Dans la seconde partie de cette revue, constituée comme à l'habitude de documents, saluons la mise à disposition du public de textes issus de deux numéros d'une feuille de propagande de l'A.E.A.R. (Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires), Feuille rouge, en janvier 1933, avec une présentation de Patrice Allain. Les couvertures de ces deux feuilles sont reproduites en fac-similé. Presque 80 pages de comptes rendus d'ouvrages liés de près ou de loin aux thèmes de la revue (sur la Guerre d'Espagne, des intellectuels comme Breton, des militantes comme Tina Modotti, des romans historiques, etc.) terminent ce volume, avec les illustrations de Jean-René Kerézéon et des photographies provenant du Centre d'histoire du travail de Nantes. Le prochain numéro, dont la sortie est prévue pour octobre 2014, sera consacrée à « Faire la révolution ».

Consultable sur : http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences/document.php?id=2756

 

Le Matricule des anges, "En bref", janvier 2014, p. 10

"La plume contre le fascisme (1930-1935)" - Revue Aden. Paul Nizan et les années trente - n°12, octobre 2013

Avant le Front Populaire, intellectuels et artistes dressent, contre le fascisme qui menace, un front commun, front de gauche bien sûr. La revue Aden, sous la direction d’Anne Mathieu, spécialiste reconnue de Paul Nizan, s’intéresse de nouveau à ceux qui, à l’image du communiste Nizan, mais en suivant d’autres voies, ne cessent de sonner l’alarme en ces années funestes. L’espèce de coup d’état raté du 6 février 1934 vient, s’il en état besoin, après les victoires de Mussolini et d’Hitler, confirmer que nul n’est à l’abri. Alors que la première partie offre des études érudites (notons une passionnante présentation du magazine Vu, véritable création de Lucien Vogel) et la troisième de copieuses recensions où chacun trouvera des pistes de lecture, la partie centrale nous propose de découvrir des « textes et témoignages retrouvés ». De Nizan à Victor Basch en passant par une belle nouvelle pour enfants ( !) d’Anna Seghers, les voix rassemblées ici ont gardé leur force d’éveil et de vigilance.

Thierry Cécille.

 

Ent'revues. Le journal des revues culturelles , 16 janvier 2014

Aden n° 12, octobre 2013

« La plume contre le fascisme (1930-1935) »

Indispensable pour l’étude des années 1930, la revue Aden publiée par le Groupe d’études nizaniennes consacre un dossier à l’engagement des écrivains contre le fascisme, de 1930 à 1935. Le sujet est vaste et bien connu. La revue apporte cependant des éclairages nouveaux sur Nizan, Cassou, l’écriture pour la jeunesse face au nazisme. Sophie Kurkdjian étudie les enquêtes du magazine Vu sur l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Georges Da Costa présente de façon vivante et érudite l’œuvre et l’action de l’écrivain-journaliste José Rodrigues Miguéis. Cet article permet de découvrir une œuvre importante malheureusement inconnue en France. Le dossier propose aussi des « textes et témoignages retrouvés » d’écrivains antifascistes.

Au dossier succède une rubrique de comptes rendus de lecture. Il faut souligner l’importance accordée à cette partie (plus de 70 pages), ainsi que la diversité des ouvrages recensés. Rédigés par une équipe de recenseurs rassemblée par Fabrice Szabo et Pierrick Lafleur, ces comptes rendus sont d’une remarquable qualité : informés, critiques et concis. Ils offrent ainsi un excellent panorama sur l’actualité des livres consacrés à l’antifascisme, à Paul Nizan et aux années trente.

François Bordes

Consultable sur : http://www.entrevues.org/aufildeslivraisons/aden-n12-octobre-2013/

 

Le Monde diplomatique, juillet 2014

DANS LES REVUES

ADEN – PAUL NIZAN ET LES ANNÉES TRENTE. Sous le titre général « La plume contre le fascisme », une collection de textes classiques inédits (Henri Barbusse, Romain Rolland, Anne Seghers…) et des études consacrées aux livres pour la jeunesse en Allemagne en 1930, ou aux textes de Nizan sur le conflit italo-éthiopien.

 

Le Monde diplomatique, décembre 2012

Autour du thème « Un air de prolétaire », des articles sur le pessimisme du roman populiste, la littérature prolétarienne japonaise des années 1930, le théâtre de Jacques Prévert et du groupe Octobre.

Esprit, mars-avril 2013

La revue Aden, publiée par le Groupe interdisciplinaire d’études nizaniennes, consacre son numéro annuel (octobre 2012, n°11) à la littérature prolétarienne, dans sa dimension internationale (articles sur la Belgique et le Japon) et littéraire, alors que ces œuvres sont souvent considérées davantage comme des documents que comme des romans à proprement parler (voir par exemple l’article de Jean-Luc Martinet sur Eugène Dabit). A noter également dans ce numéro – rythmé par des extraits de Bruce Springsteen comme de juste – un article d’Anne Mathieu sur les héritages contemporains des romans prolétariens (roman d’usine, témoignages…), ainsi que plusieurs textes d’époque (fictions, reportages, textes théoriques).

Dissidences, n°5, Printemps 2013

A qui douterait encore de l'existence du prolétariat, non pas catégorie sociologique ou multitude de pauvres, mais classe exploitée, dominée, négatif des rapports de production capitalistes car historiquement porteuse des luttes de classe, ce numéro d'Aden (dédié à l'historienne Nicole Racine, décédée en 2012) vient en rappeler la réalité, à travers la littérature (ou la fiction, la chanson, la poésie) prolétarienne des années trente. Comme l'annonce impétueusement en avant-propos Anne Mathieu, la directrice de la revue, si nous ne voulons pas que les puissants continuent à écrire l'histoire, « entamons [épaule contre épaule] l'air prolétaire de la lutte » (p. 14). Cet air se décline sur plusieurs « fronts de lutte », pour continuer à filer la métaphore militante. Tout d'abord, bien faire la distinction entre littérature prolétarienne et littérature populiste. Convoquer ici Marcel Martinet relève de l'évidence heuristique : le roman prolétarien est celui d'une classe « qui prétend que son heure est venue de conquérir le monde » et donc, « se confond avec cette grande idée et déjà l'exprime » (M. Martinet, « Premiers éléments d'une littérature prolétarienne », article de 1934, reproduit p. 199-203). La littérature populiste, bien qu'elle place le peuple, voire l'ouvrier au cœur de ses romans, ne lui offre aucune issue, l'isole. Point, ici, de conscience de classe mais au contraire une mise à distance du politique, une totale inexistence à l'idée de s'emparer du pouvoir. L'impuissance. Les deux contributions de Véronique Trottier (sur le pessimisme du roman populiste, p. 75-96) et de Jean-Luc Martinet (à propos du roman L'Hôtel du Nord d'Eugène Dabit, p. 97-114) éclairent sur cette distinction, la seconde surtout. Un article novateur sur la littérature prolétarienne japonaise, sa naissance, ses différents avatars dus aux exigences idéologiques perçues comme sectaires, sa disparition (son auto-dissolution à vrai dire), permettent de connaître œuvres et écrivains d'une école littéraire quasiment inconnue en France. Pas tout à fait cependant, puisque la publication récente (2011) du roman majeur de Tokunaga Sunao, Quartier sans soleil [nous en avons rendu compte sur notre blog : http://dissidences.hypotheses.org/2965]a levé un pan du voile. L'auteur de l'article, Jean-Jacques Tschudin, est le spécialiste reconnu de ces écrivains engagés. Le mineur dans la littérature belge (Nicolas Verschueren), le documentaire de Joris Ivens Borinage (Alain Moreews), la voix de Jacques Prévert (Arnaud Laster) ou l'étude d'Anne Mathieu sur quelques romans du débuts de notre siècle, symboles d'un renouveau de la littérature prolétarienne complètent l'ensemble. Auquel il faut ajouter, comme à chaque livraison, la seconde partie composée de documents et témoignages sur la souffrance et les luttes des hommes au travail, ce travail nommé au début du XXe siècle le « chagrin ». Comptes rendus de lectures, illustrations du fidèle Jean-René Kerézéon ainsi que quelques photographies présentées par Xavier Nerrière terminent ce volume indispensable sur cette culture prolétarienne engagée.